‹ Les champignons vénéneuxChapitre 1 sur 105 · AVANT PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT PROPOS

Chaque année, surtout à l'automne, les journaux nous apprennent que les champignons ont provoqué des accidents mortels. Les circonstances spéciales dans lesquelles se produisent ces accidents et la proportion considérable des victimes qui succombent donnent souvent à ces

empoisonnements le caractère de véritables sinistres. Cependant les-avertissements n'ont jamais fait défaut. Dès l'antiquité

on était renseigné sur l’action toxique des champignons supérieurs. SENEQUE les appelait volupiuarium venenum et PLINE ancipitem cibum.

Pendant des siècles on a cru que la toxicité des champignons était due à leur habitat. Tout le monde s'est rallié aujourd'hui à l’opinion émise par POUCHET, il y a plus de vingt ans, à savoir qu'il y a des champignons vérnéneux et non vénéneux, ces derniers en se decomposant pouvant devenir vénéneux. La toxicité des champignons affirmée pour un grand nombre d'entre eux n'a été démontrée que pour un nombre relativement

restreint, mais on peut dire que le nombre des champignons ,suspects" va nécessairement en diminuant.

Nous avons voulu dans ce travail indiquer les champignons vraiment vénéneux et démontrer aussi que beaucoup ne méritent pas cette dénomination.

Chacune des espèces toxiques, mortelles dangereuses, suspectes ou dites suspectes est accompagnée d'expériences sur les êtres vivants établissant la toxicité ou la non toxicité de l'espèce examinée.

Pour dénommer les champignons, nous avons fait usage exclusivement des noms scientifiques accompagnés pour chacun d'eux des synonymes et du nom français. Nous avons supprimé les noms locaux qu'il faut désormais condamner puisqu'ils varient d'une région à une autre et peuvent prêter à confusion.

Nous avons fait en sorte de signaler pour toutes les espèces mortelles, dangereuses et suspectes les caractères botaniques propres à chacune d'elles (caractères spécifiques qui sont les seuls permettant d'affirmer catégoriquement si l’on a affaire à des champignons vénéneux ou non vénéneux. Le signe C placé au commencement de la description signifie que cette espèce est comestible.

LELS:

Les signes (4 astérisques) signifient que le champignon est mortel; *** (8 astérisques) que le champignon est dangereux; “"(Z2 astérisques) uue le champignon est très suspect; * (1 astérisque) veut dire espèce suspecte. Ceci se limite aux champignons supérieurs. Les espèces sans signe par-

LAPS HENS

‘ticulier peuvent se manger après cuisson préalable.

La deuxième partie de ce travail traite des accidents consécutifs à l'ingestion de champignons et de la toximycologie en général.

Les acidents consécutifs à l'ingestion de champignons sont catalogués de la facon sulvante:

Intoxication par des poisons spécifiques;

Empoisonnement par des produits de décomposition. Indigestion simple (1).

Nous donnons tout d’abord quelques indications sommaires sur les deux derniers points.

Pour les empoisonnements spécifiques, nous suivons la classification de Roch de Genève (2) et nous traitons.

1. Des champignons contenant des principes excitant l'appareil musculalre, spécialement les fibres musculaires lisses (utérus, vaisseaux etc.), ergotine, pellagre.

2. Les champignons contenant des substances hemolytiques (helvelles, gyromitres). Nous laissons de côté l'Amanite phalloïde, car on mange les amanites cuites a plus de 65 Dans ces conditions l’hémolysine est détruite. | ;

3. Les champignons contenant des produits irritants susceptibles de provoquer des accidents gastro-intestinaux par action directe sur les muqueuses digestives (russules, lactaires). A la suite de ce chapitre nous signalons les espèces suspectes et nous v ajoutons un certain nombre d'espèces plus ou moins dangereuses. Nous insistons sur une espèce, l'Entoloma lividum, que nous qualifions de très dangereuse. Les Bolets, Pleurote de l’'Olivier, Lepiota helveola etc. font également partie de ce groupe, car ils ont surtout pour effet d'amener de la gastro-entérite.

4. Les champignons, qui tout en agissant sur le tube digestif excitent puis paralysent le système nerveux central réalisant le syndrome muscarinien de Gillot, syndrome dû probablement à la choline, névrine etc. et surtout à la pilz-atropin des auteurs allemands, la myceto atropine si l'on préfère.

5) Les champignons qui, après une longne période d’incubation, prouisent de la dégénerescence des cellules du système nerveux et celles des parenchymes glandulaires (foie en particulier). Ge sont Amanita nballoïdes, verna, citrina, etc.

Nous rapportons dans beaucoup d’endroits les résultats inédits encore de nos recherches qui contribuent à l'extension de nos connaissances sur les substances toxiques des champignons. Nous avons tenu compte aussi bien des données, des recherches les plus récentes sur les agglutinines, hémolysines, toxines des champignons, et aussi sur les procédés imaginés pour la découverte des poisons fongiques (travaux de POUCHET, SCHMIEDEBERG, KOPPE, W. FORD, SARTORY, etc. que des expériences entreprises sur les animaux et des observations cliniques concernant l'action des poisons des cryptogames. Un chapitre spécial traite de la toxicité des champignons exotiques (champignons qui poussent hors

(1) La gloutonnerie est souvent la cause de ces accidents; André Theuriet ne serait-il pas un coupable de ces mefaits, lui qui disait: «on:croit entendre chanter des violons dans le ciel en dégustant un plat de champignon »

(2) Voir M. ROCH. Empoisonnement par les champignons, page 9. Extrait Bull. Soc. Bot* de Genève, 2me serie Vol. V. 1913.

DUT it

d'Europe). Nous décrivons ensuite les symptômes de l’empoisonnement par les Amanites à phalline, par lAmanita muscaria, l’Amanita pantherina, par l'Entoloma lividum, les Russules acres, les Lactaires, les Helvell:s, pax le mélange de plusieurs espèces de champignons, par l'ergot de seigle, par les Urédinées et les Champignons inférieurs. Une large place est faite au diagnostic médical et médico-légal, aux changements pathologiques observés chez l’homme au cours l'empoisonnements par l'A. phalloïdes, LA. muscaria, l’A. pantherina, l’ergot de seigle etc.

Nous indiquons les moyens de combattre ces accidents toximycologiques, les premiers soins à donner aux victimes et nous relatons les intéressantes recherches de plusieurs auteurs relatives à l’immunisation des animaux contre les poisons à phalline (sérothérapie). Nous terminons en signalant les moyens prophylactiques destinés à réduire au minimum les empoisonnements par les champignons et nous nous élevons encore une fois contre les prétendus procédés empiriques ou autres capables de priver les champignons de leurs principes vénéneux.

AAA Vi À AUDE

nil MA PA ROEMRET RATE F h PIN HAUTE

We \

RU

HAN! UE Hn Lt qi ù |

AE Me A ENT Ne HAL ATENEA

w CAE "

LT Wii

ta

NA

à AN

TN ADN

Eh NE tn Lit fs pi 4 fs AD EU

nn fl

Page 1