CHAPITRE XIV USTILAGINERS
Thalle ramifié, cloisonné, se reproduisant par des spores de plusieurs sortes perforant souvent les membranes cellulaires de la plante hospitalière. Parasite dans les végétaux terrestres.
Pas plus que pour les Urédinées il n'existe de documents précis pouvant conclure au pouvoir toxique des Ustilaginées.
Un certain nombre de ces espèces sont considérées comme pouvant être nocives pour les animaux.
On ne connaît pas de principe actif extrait de ces champignons. — Selon FRÜNHER, l’action toxique serait très faible, parfois nulle et dépendrait d’une quantité de facteurs tenant aussi bien aux champignons qu'aux animaux.
FUSCH a fait ingérer de grandes quantités de spores de Tilletia caries sans effet. Même constatation avec l'extrait de spores en injection ou avec des inhalations de spores.
ALBRECHT eut les mêmes résultats avec des spores de Tilletla caries et d'Ustilago Maydis.
APPEL et KOSKE (1), ont eu des résultats négatifs avec Tilletia caries.
J. ZELLNER (2) donne le résultat d'analyses de spores sèches d'Ustilago Maydis. Il n’a pas trouvé dans ces spores moins de 24 substances parmi lesquelles l’Amanitol, plusieurs diastases, de l’Ustilagine, de la triméthylamine, du phlolaphène, de l’acide sclérotinique, des résines, etc... Des produits aussi complexes peuvent renfermer une ou plusieurs substances actives, ce qui expliquerait l’action toxique de ces charbons.
L'Ustilago hypodites qui a pour habitat l'Arundo Donax, provoquerait l'inflammation et la tuméfaction des tissus avec lesquels il vient en contact.
Ustilago maydis (Rouille du maïs) Ce champignon anéantit le régime du maïs et produit sur les feuilles et les tiges des masses remplies de spores. Le maïs rouillé occasionne très facilement et très souvent, disent les paysans, l'avortement chez les animaux. Les spores âgées seraient sans action. LUE
Ustilago carbo (TUL.). Ce parasite s'attaque aux glumelles, il intoxique les bovidés et peut même amener leur mort dans l’espace de quinze à dix-huit heures, au milieu des manifestations suivantes: salivation, paralysie de la langue, coliques, écoulement lacrymal, coma, etc.
Tilletia caries (TUL.). Des chevaux qui en avaient ingéré une grande quantité s’abattirent brusquement et moururent dans l'espace de six à vingt heures. Les animaux en état de gestation avortèrent (3).
. (1) APPELL et KOSKE. — Arb. a. d. Kais. biol. anstalt. f. land. in fortwir 1907.
(2) ZELLNER J. The chemistry of the higher fungi The maize smut, Exp. st. Rec., t. XXIV, no 2, p. 140.
(3) LEWIN. Traité toxicologique page 912, traduit et annoté par Pouchet.
Urédinées
Thalle ramifé se développant dans les méats intercellulaires de la plaiite hospitalière sans pénétrer dans les cellules qu'ils entourent. L'ingestion des baies de groseille, à grappes ou à maquereau recou-
vertes d'Æcidium grossulariæ (PERS.) qui se trouvait sur les feuilles de
ces plantes, a provoqué une intoxication mortelle chez des enfants. Les expériences instituées avec ce champignon sur les lapins ont donné des résultats douteux, peut-être ce champignon avait-il provoqué des processus de décomposition dans les baies.
Puccinia coronata. Ce champignon cause chez les chevaux qui l'ingèrent avec leur fourrage la perte de l'appétit, des troubles de la motricité. somnolence, accélération respiratoire, palpitations de coeur et sécheresse de la langue. A l’autopsie on trouve de l'inflammation du gros intestin.
Puccinia arundinacea. Des boeufs qui avaient ingéré cette urédinée avec leur fourrage présentèrent de la paralysie du train postérieur, de l'hématurie, de la fièvre et de l'écoulement salivaire. A l’autopsie, inflammation de l'intestin et des reins.
Puccinia graminis. Des chevaux tombèrent malades sous son influence et présentèrent: mydriase, troubles moteurs, troubles de la déglutition, dysurie et hématurie (1).
BASIDIOMYCÈTES Champignons mortels Amanita PERS. Amanita verna BULL.
Amanita citrina SCH. — virosa FR.
—— frostiana PECK. Amanitopsis BOUD.
ee mappa (Q.
(2 Morisii PECK. Amanitopsis volvata PECK.
—— muscaria LIN.
j Entoloma FR.
—— pantherina D. C.
é porphvria À. et S. Entoloma lividum BULL.
WA phalloides FR. LRU — radicale PECK. olvaria
— spreta PECK. Volvaria gloiocephala D. C.
— strobiliformis VITTAD. Jia rhodomelas LASCH.
(1) La variété de Puccinia vulgairement appelée rouille noire qui attaque le grand roseau du sud de l'Europe (Arundo Donax, Canne de Provence), détermine par l'intermédiaire de ses spores, de violents maux de tête et d’autres désordres chez les ouvriers qui coupent ces roseaux pour en faire des couvertures de chaumes. On a même accusé ces spores parasites de différentes variétés de roseaux (Arundo Donax et Phragmites) de produire une éruption confluente à la face, accompagnée d’enflures et de quelques autres symptômes alarmants.
SALISBURY a émis l’opinion que la Rougeole des armées était provoquée par le Puccania graminis dont les pseudospores germent dans la paille humide, disséminent dans l’air ambiant les corps qui en proviennent et causent ainsi la maladie.
(Voir LEWIN. Traité toxicologique traduit et annoté par PFOUCHET, 1903, page 902.)