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PREMIER GROUPE

Charnus Hétérogènes. Stipe central. Voile général (volva), membraneux et distinct de l’épiderme du chapeau. Lamelles arrondies, libres ou adnées, non écartées du stipe.

Spores blanches. Genre 1 Amanita Fr. toujours terrestres.

Amanitopsis, KRoze, exannulés.

Spores roses. Genre 2 Volvaria f['r. terrestres, parasites.

Spores rouillées. Genre 3 Locellina oct. rarement épi-

phytes. terrestres, Spores pourpre-noirâtres. Genre 4 Chitonia Fr., terrestres.

GENRE I. AMANITA, Fr.

Amanita, du grec Amanos, nom d'une montagne de la Cilicie sur laquelle on trouvait beaucoup de champignons. Espèces charnues, à volva, bourse, ou enveloppe générale, distincte de l’épiderme, laissant, au cours de son développement, à la surface du chapeau, des débris sous forme de plaques ou de verrues et, à la base du stipe, des lambeaux membraneux ou écailleux. Lamelles ventrues rétrécies en arrière, libres, nombreuses, alternant avec d’autres plus petites (lamellules). Stipe central, distinct du chapeau, souvent atténué au sommet plus ou moins renflé à la base, charnu ou farci d’une moelle, cotonneuse ou soyeuse. Anneau ou collier supère, membraneux, rabattu ou floconneux, persistant, fugace ou rarement nul. Spores généralement de grandes dimensions, ovoides ou ellipsoides.

Les Amanites offrent le type le plus complet des Agaricinées; elles sont toutes terrestres, et croissent au printemps, à l'été, et surtout à l'automne, dans les bois et les lieux ombragés, dans les forêts feuillées et aiguillées, d'essences fort diverses.

**** Amanita phalloïdes Vaill.

(A bulbeux; Oronge cigüe verte; A. phalloïde)

Fr. Hym. europ., p. 18; Vitt., t 15; Kromb,, t. 28, f. 1-10; Cord. Ap. Sturm., t. 55; Paul, pl. 155, f. 1-12; Harz,, t. 5; Quél. Jur. p. 28, et Enchir. fung., p. 2; Roum, p. 47; Sacc. p. 10; Ag. bulbosus et verrucosus, Bull, pl. 2 et 577; De Sey., p. 108; Gill, p. 36; PL, p. 58; Rég. Rev. hort., p. 107; A. virosus, Vitt., t. 17; Barl. Tab. comp. champ. comest. et vénén. Nice, pl. 3, f. 26; Ap. myc. p. 9; champ. prov. Nice, p. 8, pl. 4, Î. 5-8; Soc. myc. Fr., bull. n° 2, 1885, p. 190.

Ce champignon présente certains caractères particuliers le différenciant nettement des autres espèces. Il croit en assez grande abondance dans les forêts, et particulièrement en terrain calcaire.

DESCRIPTION. — De 8 à 15 centimètres (généralement 10 à 12) de hauteur, et de forme élancée, l’A. phalloides possède:

1° Un chapeau charnu, régulier, d'abord convexe, puis étalé, un peu visqueux par les temps humides; luisant et comme satiné par les temps secs; à marge d'ordinaire régulièrement orbiculaire (non échancrée, ni ondulée) et lisse (unie non striée); dans les tons verts, vert-jaunûâtre, vert-olivâtre, bistre, blanc-verdâtre), mais pouvant être aussi tout à fait blanc. Au centre du disque, on distingue très souvent des vergetures, fines rayures brunes ou fibrilles constituées par de fins poils englués, et faisant corps avec l’enduit de la surface. Ces fibrilles rayonnent toutes du sommet à la marge.

20 Un stipe atténué de bas en haut, d'abord plein, puis farci d’une moelle soyeuse, enfin plus ou moins creux, pouvant même rester entièrement plein (l'axe n'étant alors indiqué que par une trainée de tissu hygrophane; plus ou moins lacuneux) glabre (non pelucheux); d'ordinaire blanc, mais pouvant être teinté ou chiné de jaune ou de verdâtre, même au dessus de l'anneau; d'ordinaire élargi à sa base en un bulbe volumineux ovoide arrondi, mais pouvant aussi (notamment chez des individus grêles et élancés) ne présenter qu’un bulle peu marqué.

32 Un anneau supère (situé à la partie supérieure du stipe). membraneux, persistant et rabattu. Il porte sur sa face supérieure (sous forme de petites rainures), l'empreinte de lamelles. Cet anneau est large, blanc, blanc verdâtre, mais pouvant aussi être légèrement bistré.

4° Une volve ou volva ovoide, membraneux non circoncisé, persistant, ressemblant assez bien à une bourse plus ou moins rempli à la partie inférieure du stipe et laissant, généralement, un ou plusieurs lambeaux sur le chapeau. Cette volve est blanche en dehors, jaunêtre ou verdâtre en dedans.

5° Des lamelles libres (non adhérentes au stipe), ventrues, blanches.

6° Des spores brièvement piriformes, à apicule droit si l'on examine au microscope les basides qui les supportent, on remarque que ces basides sont claviformes, et à 4 stérigmates. D'après Quélet, les spores seraient

sphériques, de 10 : de diamètre moyen; mais en examinant un très grand nombre de ces Amanites, on est vite convaincu qu'elles sont brièvement piriformes, et ont, en général, un diamètre plus grand que l’autre; d'après Bresadola, elles sont sphérovoides, ayant pour mesure 8-9 X 7-8 un.

D'après Saccardo, elles pourraient mesurer 11 X7 y Quant à Boudier, il les considère comme identiques à celles de l'Amanita verna, et donne comme dimensions 8-12 sur 7-9 u Celles de l’Amanita virosa sont aussi pourvues d’un apicule droit, mais elles sont nettement sphériques.

L'Amanita phalioïdes possède une chair blanche (ne changeant pas de couleur au contact de l'air). Son odeur est nulle quand elle est fraîchement cueillie (BULLIARD, BRESADOLA, R. FERRY). Nous nous rangeons d’ailleurs à cet avis. Si l’on fait sécher le champignon, il prend une odeur très particulière que R. FERRY compare à ceile que répand la colle forte quand on la chauffe au bain-marie. Ce n'est que beaucoup plus tard que malgré tous les soins apportés à sa conservation, elle exhale une odeur nauséeuse et même repoussante.

Quand le champignon est altéré, il se décompose assez rapidement et dégage une odeur répugnante.

Sa saveur est nulle. |

L'Amanita phailoides, très répandue, paraît indifférente aux essences forestières, c'est-à-dire qu'on la trouve aussi bien sous les arbres feuillus que sous les résineux; indifférente ausi à la nature chimique du sol: les terrains calcaires et les sols siliceux lui conviennent également. Espèce mortelle (voir Partie toxicologique).

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