‹ Les Champignons Vénéneux d'AlgérieChapitre 13 sur 29 · EXAMEN HISTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

EXAMEN HISTOLOGIQUE

par M. ArGAuD

Le matériel, prélevé sur le cadavre encore chaud, à été placé par erreur dans l'alcool à 95° ; après fixation daus ce liquide, les pièces ont été paraffinées et débitées en coupes de 3-4 x d'épaisseur, colorées à l’hémalun-éosine et montées au-baume,

Reins. — La capsule du rein est augmentée d’épaisseur et, dans toute l’étendue des coupes, la trame connective interposée entre les différents segments du tube rénal est plus abondante qu’à l’état normal ; il en est ainsi pour la capsule de Bowman. À côté de cette réaction collagène trouve place ‘une notable altération nécrobiotique de la cellule glandulaire. L’assise endothéliale qui double la face interne de Ja capsule de Bowman commence à se desquamer, les cellules hypertrophiées tombent dans le croissant corpusculaire ou ne reposent plus sur la membrane basale que par une de leurs extrémités. Le glomérule est légèrement congestionné mais ne se trouve pas, comme dans les néphrites aiguës ordinaires, refoulé à l’un des pôles du corpuscule. La lumière des tubes contournés est irrégulière, les extré= mités apicales des cellules sont la plupart du temps nettement séparées les unes des autres par des sillons se prolongeant jusqu’à la membrane basale, ce qui donne à la coupe du tube un aspect étoilé. Des gouttes de substance colloïde apparaissent, criblant le cytoplasma ; d’autres fois ce sont des pertes de substance qui le fenêtrent étroitement. Dans la branche descendante de Henle, les cellules ont subi la tuméfaction trouble, leur noyau-est nécrobiosé et leurs débris encombrent la lumière. Mêmes observations pour la branche ascendante.

Foie. — Une véritable nappe hémorrhagique siège sous la capsule de Glisson. Dans la zone corticale, le tissu glandulaire, considérablement tassé, ne revêt qu’imparfaitement les caractères particuliers des cellules hépatiques. Presque toutes les cellules ont subi la dégénérescence graisseuse. Dans des portions plus centrales, les cellules affectent des dimensions différentes ; le protoplasma est tantôt condensé, et. les cellules se disposent alors en trabécules ; ou bien très vacuolisé et toute disposition trabéculaire disparait. Le noyau est souvent hypertrophié, absolument comme au cours des cirrhoses hypertrophiques, ce qui indique une réaction intense vis-à-vis de l’excitation toxique. Dans certaines cellules le noyau a subi la dégénération vitreuse, et, fait à signaler, dans les cellules intéressées de manière à présenter leurs 2 noyaux, l’un de ces éléments est atrophié et diffus, tandis que l’autre est clair, normal et plulôt agrandi, avec des nucléoles nucléiniens bien apparents.

Par endroits les cellules interposées entre deux capillaires congestionnés sont déformées, aplaties ; en d’autres endroits les cellulzs élargies sont remplies de pigment ocre.

Il est à remarquer que les cellules les plus normales sont les plus voisines des espaces de Charcot : au contraire les cellules centrales des îlots, presque directement en contact -avec les capillaires veineux, ont subi l’action nécrobiosante des poisons entraînés par le courant sanguin,

Intestin. — Disparition complète des cellules à mucus. Le mucus des cellules calciformes a été absolument exprimé au cours d’une sécrétion intense, et les cellules existantes sont simplement gorgées de grains mucinogènes en voie de développement,

Amanita citrina Roques ex Persoon

Synonymie. — Agaricus mappa Fr. Epicr. p. 6. — Amanita mappa Quél. Jura et Vosges, p. 67.— Amanita citrina Pers. Syn. p. 251 ; Roques Phyt. méd., p. 47, t. 15, f. 1-2 (1821). — Agaricus citrino-albidus Vitt Fung. mang., t. 41, p. 78. — Agaricus bulbos Bull. et auct. plur. (pro parte).— Amanita venenosa Pers. Ch. com. p. 178—pro parte — Agaricus stramineus Scop. Carn. p. 418. — Agaricus citrinus Schaft. Ind. tripl. p. 414 (1774). — Agaricus mappa Batsch, Elench. n° 50 (1783).

Icones. — Alberti, Fung. mang. t. 8 (N. v.) Baiïllon, Dict. 4. p. 313, f. 2 (N. v.) Baillon, Bot. crypt. méd. p. 89 (N. v.) Barla, Champ. Alpes-Mar., t. 1, f. 10-12 (trop jaunes), t. 6,

f. 4.9 (assez bonnes).

Be}, Champ. Tarn, t. 11 (médiocre).

Bernard, Champ. La Rochelle, t. 1, f. 2-3 (assez bonnes). Bernardin, 60 Champ. t. 3, fig. sup. gauche (assez bonnes). Bonorden, Bot. Zeitung, 1858, t. 6, f. 1 a-d, f. (anatomie) (N. v.) Boudier, Champ, t. 1, f. 8-13, t. 2, f. 1-2 (anat., bonnes). Bresadola, Fung. mang., t. 5 (bonne).

Britzelmayr, Hym., Leucosp. n° 119, 122 (assez bonnes), 473 (inédiocre) ; 481, 482, forme blanche, naine (assez bonnes); . 563, forme naine (assez bonne).

Bulliard, Champ. France, t. 577, f. G. H. M (médiocres). Cleff, Taschenb. Pilze, t. 3 (médiocre).

Cooke, Ilustr. Brit. Fung., t. 2 (bonne), t. 4 (forme blanche, bonne), t. 3 (forme blanche, spécimen à chapeau dénudé). Cordier, Champ., t. 4, fig. droite (forme blanche), t. 3, f.1 (assez bonnes).

Curtis, Fl'Lond.;:t.:32 (N-v.) Delle Chiaie, Icon, Piant. med., t. 90, f. 4 (N. v.) Dietrich, Deut. Krypt. Gew., 3, t. 1, f. inf. a. b. (médiocres). Dutour, Atlas Champ., t. 4, f. 6 (reproduction de Hahn), Dumée, Atlas Champ., t. 4 (assez bonne).

res

Eloffe, Champ, t. 5, f. 1 (mauvaise).

Farneti, Fung. mang.,t. 1, f. i, p. 246-219, 227, f. 47, 19, 21, 23,25, 31, 32 (N. v.)

Faupin, Champ., t. 5, 11 (assez bonnes).

Flora Danica, t. 2143 (médiocre).

Garofoli, Fung. e Tartuf, t. 1, f, b (reproduction de BresapoLA) ; f. 8 (figure noire médiocre).

Gillet, Champ. France, Hym., t. 13 (19), t..25 (15) (forme blanche, bonnes).

Gonnermann et Rabenhorst, Mycol. Eur. 1-2, t. 9, f. 1 (forme blanche assez bonne), t. 11, f. 1 (assez bonne).

Guéguen, Tabl. Champ. vén. (bonne).

Hahn, Pilzsammler, t. 1, f, 1 (bonne).

Hinterthür, Prakt, Pilzkunde, t. 3. f. inf, droite et gauche (médiocres).

Krombholz, Abbild., t. 1, f. 6 (assez bonne), t. 28, f. 41-12 (forme blanche, assez bonne).

Kummer, Prakt. Pilzb., t. 3, f. 16 (fig. noire assez bonne).

Lanzi, Fung. Roma, t. 121, f. 2 (détérioration de Vitranini).

Larber, Funghi, t. 8, f, 2 (mauvaise).

Lenz, Schwamme, ed. 6, t. 3, {. 15 (bonne).

Leuba, Champ. comest., t. 4 (forme blanche), 5 (assez bonnes).

Lindblad, Svampbok, t. 1, f. 4 (assez bonne).

Lucand, Champ. France, t. 51 (forme blanche, assez bonne).

Macé, Subst. aliment., p. 352, f. 1 (N. v.)

Massee, Brit. Fung. Flora, 3, p. 3, f. 4-5 (assez bonne figure noire).

Mazimann et Plassard, Tabl. Champ. vén., f. 4 (bonne).

Michaël, Führer Pilzfreunde, 1, t. 59, fig. de gauche (bonne).

Migula, Pilze, 1, t. 140 (médiocre).

Moyen, Champignons, t. 2, f. 1 (médiocre),

Nees, Syst. t. 19, f. 163 (médiocre).

Nicholson, Dict. Hort.,-4, p. 75, f. 73 (N. v.)

Oerstedt, Syst., p. 69, f. 38 (hyménium, n. v.)

Palmer, Mushirooms, t. 10, f. 4 (N. v.)

Paulet, Mém. Soc. Méd. 1778, t. 15, f. 1-2 (médiocres).

Paulet, Traité Champ., t. 158, f..1-2 (reproduction des précédentes).

Persoon, Champ. comest., t. 2, f. 2 (assez bonne).

Price, Illustr. Fungi, t. 10, f. 66 (bonne).

Radais, Champ. qui tuent, f. 2-3 (bonnes).

ANT ee

Richon et Roze, Ati. Champ, t. 11 (fig. sup. assez bonnes, f. inf, douteuses).

Ricken, Blatterpilze, t. 71, f. 2 (assez bonne)

Rolland, Atlas Champ, t. 4, f. 5 (assez bonne).

Rolland, Champ. qui tuent, t. 1, f. 5 (N. v.)

Rolland, Bull. Soc. Mycol. France, 5, 1889,t. 3.f.3;t.4,f.1 (bonnes).

Roll, Esbar. Pilze, t. 3, f. 1 (médiocre).

Roques, Champignons, t. 25, f. 3-5 (médiocres).

Sapolini, Fung. velen. t. 6 (N. v.)

SchaefFer, Icon. Fung., t. 20 (assez bonne); t. 241 (forme blanche à chapeau dénudé, médiocre).

Sicard, Hist. nat. Champ., t. 5, f. 15 (médiocre).

Sowerby, Col. Fig., t. 286, fig. gauche (médiocre)

Steinhaus, Hedwigia, 27 (1888), t. 2, f. 1 (hyménium et spores, passable).

St-Pierre, Dict. Bot., p. 253, f. 254 (N. v.)

Strasburger, Lehrb. Bot., f. 333 (médiocre).

Taylor, Handb., Mushr.t.15, f. 9 (médiocre).

Tenore e Pasquale, Atl. Bot. 1, t. 45 (N. v.)

Valenti-Serini, Funghi Sen., t. 2 (médiocre).

Venturi, Mic. Brescia, t. 40, f. 1-2 (assez bonne).

Venturi, Stud. Micol., t. 13, f. 124-125 (N. v.)

Vittadini, Fung. Mang., t. 11 (bonne).

Description des formes nord-africaines. — Carpophores solitaires ou en petites troupes, non hygrophanes ; saveur douce ; odeur vireusce particulière ; chair blanche ou un peu teintée de jaunâtre sous le revêtement du chapeau ; spores en masse blanc pur.

Pied (10-13 X 0,8-1,2 cm., bulbe atteignant 3 cm. diam.) atténué de la base au sommet puis subcylindrique, au dessus d’un bulbe subglobuleux aplati et marginé à sa partie supérieure, fibro-charnu, farci puis creux, subspongieux dans le bulbe, séparable du chapeau, sec, blanc ou légèrement lavé de jaune paille à citrin, subsquamuleux par de petites mèches fibrilleuses au dessous de l’anneau ; bulbe fauvâtre avec ie rebord blanchâtre; anneau supère ample,pendant,membraneux, blanc ou teintéde jaune paille à jaune citrin, lisse sur la face supérieure,subtomenteux-floconneux sur la face inférieure, crénelé ou fimbrié sur sa marge ; volve circoncise, formée par le rebord du bulbé et des pustules pyramidales, floconneuses, blanchâtres à fauvâtres, détersibles, persistant longtemps sur le chapeau.

Chapeau (5-9 cm. diam.) convexe puis aplani, non mamelonné, assez épais, charnu, fragile ; revêtement plus ou moins séparable, légèrement visqueux, brillant par le sec, glabre, blanc ou plus ou moins teinté de jaune-paille à jaune-citrin, portant les débris pustuleux de la volve en plus ou moins grande quantité (ces débris peuvent parfois être complètement enlevés par de fortes pluies); marge non striée, involutée puis étalée, concolore ou un peu plus pâle.

Lamelles serrées, non séparables, ventrues, plus ou moins arrondies aux deux extrémités, libres, larges, minces, blanches, à arête pruineuse parfois teintée de jaune ; lamelluies coupées carrément.

Arête hétéromorphe par des poils vésiculeux ; trame des lamelles bilatérale; basides claviformes, 30-45 X 9-12 & ; spores subglobuleuses apiculées, hyalires, lisses, farcies de gouttes d'huile, 8-9 & diam.

Variations.— L’A. citrina présente dans l’Afrique du Nord comme en Europe deux variétés : l’une, que l’on peut considérer comme le type de l’espèce, est plus ou moins teintée de jaune ; l’autre, var. alba Auct. est entièrement blanche. Ces deux variétés, bien que différent uniquement par la teinte, sont toujours nettement distinctes et constantes. Les autres variétés décrites par les auteurs (minor Fr., mappa Quél.) ne représenten] que des variations individuelles, la première sans débris de volve sur le chapeau (par suite de leur chute plus ou moins accidentelle), la seconde à débris de volve tauve-brunâtre.

Habitat et biologie, répartion. — L’A. ciftrina est répandu dans toute l’Europe dans les forêts de Conitères et dans les forêts de Chènes, uniquement sur les sols siliceux riches en humus; son existence en Amérique est douteuse, à moins qu’on ne doive lui rapporter la variété fuliginea de l'A. phalloides, qui est intermédiaire entre les deux espèces. Il a été signalé en Australie,

Dans l’Afrique du Nord on rencontre le type et la var. alba. Nous les avons observées jusqu'ici uniquement dans les forêts de Chênes (Quercus Suber et ©. Mirbeckii) riches en humus, en terrain siliceux (grès de Numidie et alluvions sablonneuses). à la Réghaïa et dans le massif de l’Akfadou. C’est encore, dans notre pays, un lle des Chênes, mais en terrain sablonneux ou gréseux seulement.

Dans l’Afrique du Nord, l'Amanita citrina, dont le mycélium paraît pérennant, fructifie à peu près à la même époque que l’A. phalloides.

Culture, — La culture de cette espèce ne paraît pas avoir été tentée jusqu'ici.

Toxicité. — L’4. cifrina est toxique et contient les mêmes poisons

que l’A. phalloides (Foro (*), Rapais et Sarrory). Tout ce que nous avons dit de la toxicité de l’4. phalloides est donc applicable à l’A. citrina. Nous devons toutefois taire remarquer que l’A. citrina est moins active que l’A. phalloides, comme l'ont démontré les recherches expérimentales de Ménier et Monnier, de Fagauzr (**) et les recherches chimiques de Fonn(*) Cela concorde avec les résultats de la statistique de Roca qui a trouvé une mortalité de 44 °/, pour À. citrina contre 55°}, pour À. phalloides.

La localisation des poisons est ici la même que chez l’A. phalloides, mais la toxicité résiste beaucoup moins à la dessication et au vieillissement. Une poudre sèche conservée pendant plus d’une année a perdu presque complètement sa toxicité (Rapais et Sanrory (***). Les recherches de Rapais et Sanrory ayant été faites sur le Champignon non chauffé et au moyen d'injections sous-cutanées semblent indiquer qu’il y a chez À. citrina prédominance de l’hémolysine, l’amanita-toxine étant au contraire en très petite quantité. Ceci explique bien que ces auteurs aient pu trouver la toxicité à l’état frais sensiblement égale chez l'A. citrina et l’A. phalloides, alors que les recherches de Ménier et Monnier, faites avec le Champignon cuit administré per os donnent un résultat tout différent.

Il est très probable, d’ailleurs, qu’il y a chez l'A. c trina des variations individuelles de Ja toxicité, commeil en existe chez l’A. phalloides.

On ne connaît encore en Algérie aucun cas d’empoisonnement attribuable à cette espèce.

Essais d’immunisation — Rapais et Sanrory (""") ont essayé l’immunisation du lapin contre le suc d’A. ctrina. Ils ont obtenu au bout de 4 mois

l’immunité contre la dose mortelle, mais cette immunité avait disparu un mois après.

Amanita muscaria (Fr.) Quél.

Synonymie, — Agaricus muscarius Fr. Syst. Mycol. 1, p. 16 (ex L.

(‘) For», Journ. of. Pharmacy and exp. Therap. , 1, p. 275—287 (1909)

(**) Ménier et Monnier, Bull. Soc. Mycol. France, 18, p. 119 (1902) — Fa- GAULT, Thèse de Paris. 1903

(} Rapais et SARTORY, l, C.

(*##*) Rapais et SARTORY, G. R. Ac., 11 juillet 1910.

Page 1