PS LU
White, Hym. Connect., t. 4 (N. v.)
Williams, in Asa Gray Bull. 6 (1898), t. 1,1. 3 (N. v.) Winter, Krypt. F1., 4, p. 483 (fig noires d'après Krombholz). Woodworth, Birds and Nature, 14 (1903), t. 592 (N. v.)
Bull. Soc. Mycol. France, 3, 1887, sans n° (N. v.)
Dizion. Sc. Nât-t. 994, 1.7 (N°v:)
Svensk Botanik, t. 109 (N. v.)
Description de la forme nord-africaine. — Carpophores solitaires ou en petites troupes, non hygrophanes ; saveur douce ; odeur faible ; chair ‘blanche, jaune-orangé sous le revêtement du chapeau; spores en masse blanc pur.
Pied (10-15 X 1,5-2 cm., bulbe atteignant 4,5 cm. d'épaisseur) atténué de Ja base au sommet puis subcylindrique au-dessus d’un bulbe napiforme, fibro-charnu, farci, puis à la fin creux, séparable du chapeau, sec, blanc, floconneux-furfuracé puis sublisse ; anneau évanescent sur l’adulte ; volve entièrement pustuleuse, formée de pustules blanches disposées en bourrelets concentriques sur le bulbe et dispersées sur le chapeau.
Chapeau (8-12 cm.) convexe puis aplani, non mamelonné, épais, charnu, fragile ; revêtement plus ou moins séparable, humide et même un peu visqueux, glabre, rouge orangé, moucheté par les custules blanches détersibles de la volve (parfois ces pustul:s peuvent être complètement enlevées var la pluie) ; marge non striée, concolore.
Lamelles serrées, non séparab'es, ventrues, plus ou moins arrondies aux 2 extrémités, libres, larges, minces, blanches, à arèête pruineuse sans intervénation ; lamellules coupées carrément.
Arête hétéromorphe par des poils vésiculeux ; trame des lamel'es bilatérale ; basides claviformes, 40-50 X 10-13 x ; spores hyalines, lisses, boürrées de gouties d’huile, ellipsoïdales-apiculées, 9-12 X 7-û w.
Variations. — En Europe on a décrit plusieurs variétés de l'A. muscaria, ce sont :
À. muscarii var. puella (SchaefF.) — C'est une simple forme plus grêle petite, à débris de volve détergés.
À. muscaria var. formosa (Pers.) a le chapeau citrin avec des débris de volve farineux, lâches, jaunâtres, des lamelles ordinairement teintées de jaune ; sa chair est plus molle que celle du type.
À. muscaria var. regalis (Fr ) est de taille un peu plus grande que le type, avec un chapeau bai ou couleur de foie cuit, des verrues jaunes, des lamelles jaunâtres, un pied jaunâtre à l’intérieur.
Ed =
À. muscaria var. umbrina Fr. est petit, grêle, a le chapeau mince, ombre, ouis livide avec le centre ombre, des lamelles à la fin écartées du pied.
La forme nord-africaine se rapproche du type, dont elle semble diftérer surtout par l'absence d’anneau (au moins sur l’adulte). Des spécimens exannulés ont été parfois rencontrés en Europe et faussement rapportés par quelques auteurs à l’A. gemmata Fr. Nous ne pouvons affirmer la constance de ce caractère dans notre pays, car nous n’avons pu examiner qu’un exemplaire adulte de Souma et J’aquarelle d’un autre spécimen adulte de la Réghaïa. Il est à noter toutefois que Jucien ne parle pas d’an neau pour le champignon de Constantine, dont il paraît avoir vu d’assez nombreux spécimens.
Habitat, biologie, répartition. — L’A. muscaria est répandu dans toute l’Europe moyenne et septentrionale, en Sibérie et jusqu’en Extrème- Orient, et d’autre part dans toute l'Amérique du Nord, dans l'Afrique australe et l'Australie.
Elle est ordinairement assez rare dans la région méditerranéenne. Dans l'Europe moyenne et septentrionale on la trouve surtout sous les Betula et Abies.
En Algérie, l'A. muscaria est rare : il a été observé sous les Quercus Suber à la Réghaïa par M. Trasur, et sous les Æucalyptus à Souma par M. Duverwoy et nous. IL est indiqué à Constantine par Jurex (*), qui l’a récolté au Djebel-Ouach sous les Eucalyptus.
Culture. — La culture de ce champignon paraît n'avoir été réussie jusqu'ici par personne.
Toxicité. — L’'A. muscaria, qui était autrefois très redouté, l’est beaucoup moins aujourd’hui ; cependant il est indiscutablement toxique, bien que sa toxicité soit variable, et il est dangereux de le donner dans un ouvrage populaire comme comestible, ainsi que l’a fait Roramayr (**). C’est le type des champignons agissant surtout sur le système nerveux. Il cause parfois des accidents graves, mais n’est jamais (ou bien rarement) mortel pour l’homme en bonne santé.
Principes toxiques. — C’est en 1860 que l'A. muscaria a été pour la première fois bien étudié au point de vue chimique et toxicologique, par
() Juuren, Flore de Constantine, p. 312 (sous le nom erroné d’Amanita rubescens).
(**) RorHmayr, Essbare u. giftige Pilze der Schweiz, Luzern, 1909.