‹ Les Champignons Vénéneux d'AlgérieChapitre 16 sur 29 · FAIRE · texte numérisé non relu

FAIRE

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Scnmisveserc et Kopp (***), qui en ont isolé un corps auquel ils ont donné le nom de muscarine. La muscarine, C5 H15 NO2, considérée d’abord comme un alcaloïde, est aujourd’hui considérée plutôt comme une amine complexe. C’est un poison assez violent, mais qui n'existe qu'en petite quantité dans l'A. muscaria. [l existe également une muscarine artificielle, isomère de la précédente, obtenue synthétiquement, l’isomuscarine, et trois autres isomères encore peu connus.

Scnmrene8erG (****) a constaté postérieurement l'existence dans l’A muscaria d’un autre poison, auquel il a donné le nom dé muscaridine ; ce poison a été retrouvé par Koserr dans la muscarine du commerce et nommé par lui myco-atropine. Enfin un autre poison a été signalé dans l’A. muscaria par Harmsen sous le nom de mycotoxine, et l'existence de choline en quantité appréciable y a été constatée par plusieurs auteurs.

Localisation des poisons. — Elle est moins bien connue dans l'Amanita muscaria que dans les Amanites à poisons phalloïdiens. Le revêtement du chapeau paraît biez présenter ici encore le maximum de toxicité. Aussi l’épluchage du chapeau fait-il disparaître en grande partie la toxicité.

Variations de la toxicité. — Ces variations sont généralement admises pour l’A. muscaria. Plusieurs auteurs ont en effet signalé que ce champignon est impunément mangé après épluchage dans certaines régions, alors que dans d'autres il a incontestablement produit des accidents dans les mêmes conditi ns (*). Il pourrait exister aussi des variations annuelles, et, d’autre part il existe cértainement des variations individuelles de susceptibilité aux poisons de l’A. muscaria.

Action du mode de préparation. — Cette action est ici extrêmement nette.

La toxicité de l’4. muscaria ne résiste ni au procédé Gérarn, ni même

rdinairement au simple « blanchissement ». La dessication parait aussi diminuer considérablement la toxicité de l'A. muscaria (**).

Action des produits toxiques. — La muscarine agit sur diverses parties du système nerveux, dont l'excitation détermine des sueurs abondantes,

(***) Scamreveserc et Kopp, Das Muskarin, Leipzig, 1860.

(**) ScHmieneserc, Bemerkungen über dasMuskarinwirkung, Arch. f. exp. Path. u. Pharm., 14, p. 376.

(*) Cf. Rocu, L. c.

("*) Corpier, Thèse Lyon, 1890, .

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de la sialorrhée, une exagération du péristaltisme gastro-intestinal et du fonctionnement des glandes intestinales, amenant des coliques, des vomissements et de la diarrhée, du myosis, le ralentissement et même l'arrêt du cœur. Toutes ces actions sont empêchées par l’atropine, qui est bien connue depuis Prévosr pour être l’antagoniste de la muscarine.

La muscaridine ou myco-atropine a une action analogue à celle de l’atropine.

La mycotoxine produit des convulsions persistantes amenant finalement la mort ; son action n’est nullement entravée par l'atropine.

La choline a une action assez analogue 4 celle de la muscarine, mais à des doses beaucoup plus élevées. Elle produit de la sialorrhée, du myosis, de l'hypertension artérielle, une paralysie respiratoire analogue à celle qu’amène le curare, mais elle ne paralyse pas le cœur.

Anatomie pathologique. — Elle est fort mal connue chez l’homme, les empoisonnements par les champignons à muscarine étant très rarement mortels.

Chez le chien, Ménrer et Monnier (*) ont constaté l’emphysème des poumons, la dilatation du cœur arrêté en diastole avec des caillots noirs dans ses cavités, l’hypertrophie de la muqueuse stomacale au voisinage du cardia et dans la petite courbure, la congestion de cette même muqueuse au voisinage du pylore, la congestion de la muqueuse de lintestin grêle, avec hypertrophie de ses follicules clos, la rétraction de Ja vessie anurique.

Syndrome muscarien. — Le syndrome muscarien, nettement défini par Gicor, puis par Rocu, présente quelques variations. On peut distinguer une forme gastro-intestinale et une forme nerveuse typique, passant d’ailleurs de l’une à l'autre par des forme mixtes de beaucoup les plus fréquentes.

La forme gastro-intestinale est caractérisée par de simple troubles digestifs, à début très rapide, avec évacuations précoces et guérison rapide. La rapidité des évacuations, jointe à une résistance particulière de l'individu (*), expliqueraient l’absence des phénomènes nerveux proprement dits dans ces cas forts rares. ,

Ordinairement ces troubles gastro-intestinaux sont accompagnés de

() Ménier et Monnier. [. C., p. 113.

(*) La résistanee de certains individus à l'A. muscaria est démontrée par üne observation rapportée par MaGnin, Bull. Soc. Mycol, France, 19, p. 173.

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vertiges, de lipothymies, d’un peu de délire, de convulsions où de pros- .

tration, ou des deux, avec fréquemment de l’amnésie consécutive. Dans la forme nerveuse pure il y a, sans trouble digestifs, du délire ordinairement gai, suivi de stupeur entrecoupée de convulsions, parfois avec myosis, puis guérision rapide. On sait que les indigènes de la Sibérie orientale utilisent l'Amanita muscaria pour se mettre en état d'ivresse gaie, ivresse qu'ils entretiennent en buvant leur urine, pour remédier à l'élimitation, trop rapide à leur gré, du poisun enivrant. :

On peut résumer ainsi le syndrome de la forme ordinaire mixte :

Incubation d’1 à 2 heures.

Troubles gastro-intestinaux précoces, sans accalmies.

Anurie.

Foie normal, pas d’ictère.

Troubles de l'intelligence et de la mémoire, excitation cérébro-spinale, incoordination motrice (ivresse muscarienne).

Guérison.

Durée :1-2 jours.

L’empoisonnement muscarien est donc en règle générale relativement bénin. On a cependant signalé parfois des cas mortels. Mais dans tous ces cas on manque de documents certains sur la nature exacte des Champignons ingérés. Seul, à notre connaissance, un cas cité par Soucué (*) peut être considéré comme incontestable. Or ce cas est celui d’un individu de 29 ans, diabétique depuis longtemps et ayant absorbé de l'alcool en assez grande quantité. Cet individu était donc atteint d’une maladie grave (diabète à 29 ans) et a ajouté à l’intoxication muscarienne une intoxication alcoolique.

Pathogénie, — Le mécanisme de l'action de l’A. muscaria n’est pas

encore absolument clair. La découverte de la muscarine avait semblé tout

expliquer. On a admis longtemps comme un véritable dogme que l’empoi-

sonnement muscarien était dû à la muscarine et qu’il suffisait pour le combattre, d’administrer l’antagoniste de la muscarine, c’est-à-dire l’atropine. Des esprits simplistes ont même étendu cette conception à tous les émpoisonnements par les Champignons.

On sait aujourd’hui que les choses sont loin d’être aussi simples.’ Le plus souvent la muscarine ne semble pas jouer le rôle prépondérant dans l'empoisonnement muscarien.

Il y a en effet très peu de muscarine dans E À. muscaria. HaRMSEN to

(} Soucré Bull. Soc. Mycol. France, 20, p 40, (”} Harmsen, Arch, f. exp. Pathol. u. Pharm., 50, 1903, p. 361.

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à montré qu’il faudrait au moins 3 kilos de ce Champignon pour tuer un homme par action de la muscarine.

D'autre part les symptômes de l’empoisonnement muscarien ne coïncident nullement avec ceux que produit expérimentalement la muscarine. La sialorrhée, les sueurs, le.ralentissement du pouls, le myosis sont rares. Le syndrome muscarien représente généralement une action complexe, due pour une part à la muscarine, et pour upe plus large part à la mycoatropine. Les effets de l’atropine sur les centres nerveux sont en effet très semblables à ceux que produit l’4, muscaria; comme ce Champignon la Belladone produit un délire rappelant l’ébriété. La mycotoxine peut être responsable des convulsions que l’on observe parfois. Les troubles gastrointestinaux peuvent être dus à la muscarine et à la choline.

Pronostie. — Le proncstic de l’empoisonnement muscarien cst ordinairement bénin. Les statistiques ont donné à Rocx une mortalité de 2,33 °/ seulement.

Traitement, — De tout ce qui précède résulte la confirmation de l’opinion prudente et sage de Gicror, qui mettait en garde les médecins contre la conception simpliste de l’atropine panacée universelle de l’intoxication fongique : « À notre avis l’usage » (de l’atropine) « doit en être proscrit et non prescrit au lit du malade ».

La pilocarpine, qui a été également conseillée, est dangereuse par son action dépressive sur le cœur.

Le traitement de l’empoisonnement muscarien doit d’abord tendre

- au nettoyage du tube digestif, ici réellement efficace, puisque les premiers symptômes se font sentir avant la fin de la digestion. On prescrira donc les vomitifs et les purgatifs : par exemple l’apomorphine, ou à son défaut * l’émétique, l’ipécacuanha, et les sulfates de sodium et de magnésium. fl faut ensuite essayer de rétablir l’excrétion de l’urine au moyen de bois: sons abondantes non alcoolisées, additionnées de lactose. Le délire sera apaisé par l'administration de bromure de potassium ou de chloral ; les douleurs abdominales pourront être combattues par des cataplasmes de farine de lin laudanisée, Le charbon, sous forme de noir animal, peut être administré avec quelque avantage,

En cas de dépression du cœur on emploiera les stimulants: éther, huile camphrée, caféine, spartéine. La digitaline peut rendre des services dans les cas graves d’affolement cardiaque. Selon Le Danrec (*) les irjec-

(D'après Le Ro, Thèse de Paris, p. 65 (1913).

mr

tions intraveineuses de sérum physiologique sont formellement indiquées, tandis que les injections hypodermiques sont formellement contre-indi-

quées.

Statistique générale des empoisonnements muscariens, — C’est encore à Rocn que nous devons la statistique la plus complète des empoisonnements par l'A. muscaria, qui cite de nombreux cas observés surtout en France, plus rarement en Allemagne, en Suisse, en Autriche.

Empoisonnements muscariens en Algérie. — La rareté de l’A. muscaria en Algérie fait qu’elle n’y produit guère d’accidents. Tout ce que nous avons pu relever à sa charge est le passage suivant de la Flore de Constantine de Juurew, p. 312 (*) :

« J'ai vu quelques personnes la récolter et la consommer sans inconvénient, mais sans doute après macération, car en ayant mangé moimême sans préparation, j'ai été assez sérieusement indisposé pour tenir ce beau Champignon comme très suspect. »

Empoisonnements muscariens en Amérique. -- Remarquons pour terminer, que les empoisonnements par À. muscaria récemment décrits en Amérique (**) ont un syndrome assez différent du syndrome muscarien typique : la sialorrhée, les sueurs, l’affaiblissement du pouls y montrent l’action prédominante de la muscarine ; l'ivresse muscarienne est très rare. Plusieurs décès ont été observés dans ces empoisonnements américains ; l’autopsie n’a montré que des lésions insignifiantes. Il est donc probable que l'A. muscaria américain est plus riche en muscarine, et moins riche en myco-atropine et mycotoxine que l'A. muscaria eurasiatique. Aussi les auteurs américains sont-ils partisans de l’emploi de l’atropine en injections hypodermiques, voire intraveineuses, pour le traitement de ces empoisonnements.

Amanita pantherina (Fr.) Quél.

Synonÿmie. — Agaricus pantherinus Fr. Syst. Myc. 1, p.16 (ex D.C.

() L'Amanita muscaria est appelée A. rubescens par JULIEN He suite goss erreur de détermination. DE PET ANRT

(”) For», Mycologia, 6, p, 179 — Prenriss, Philad. Med, Journ ; ABaer

FIL. Fr. 6, p. 52). — 4. maculatus Schaff, Ind. p. 38. — 4. verrucosus Pers. Comm. Schaff., p. 36.— Amanita umbrina Pers. Syn. p. 254. — Agaricus ruderalus Batsch, El. p. 5. — Amanita pantherina Quél. Jura et Vosges, p. 68.

Icones, — Arcangeli, Fung. velen., f. 4 (N. v.)

Baillon, Bot. crypt. méd., p. 92 (N. v.)

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Barla, Champ. Alpes-Mar., t. 3 bis, f. 1-4 (bonne).

Barla, Aperçu, t. 3, f. 26 (N. v.)

Bischof, Krypt., f. 3462 (N. v.)

Boccone, Museo di Fisica, t. 301, f. 2-3 (N. v.)

Boyer, Champ., t. 4 (médiocre).

Bresadola, Fung. mang., t, 7 (bonne).

Britzelmayr, Hymen. Leucosp., n° 125 (mauvaise).

Cavara, Fung, mang., t. 3 (N.v.)

Cleff, Taschenb. Pilze, t. 10 (médiocre).

Cooke, Illustr. Brit. Fung., t. 6 (6) (assez bonne).

Corda, Icon., 3, t. 7, f. 99 (hyménium, passable).

Cordier, Champ., t. 3, f. 2 (assez bonne).

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Dufour, Atlas Champ. t. 5, f, 7 (reproduction de Hahn).

Dumée, Atlas, t. 5 (bonne).

Ebbinghaus, Pilze und Schwamme, t. 2, f. droite sup. (mauvaise).' 1

Eloffe, Champ. t, 5, f. 7 (mauvaise).

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Faupin, Champignons, t. 3 (Da sable)

Favre Guillarmot, Champ., 1,t. 21 (douteuse, paraît se rapporter au moins en partie à l'A. spissa).

Flora Danica, t. 1911, f. 2 (médiocre).

Garotoli, Fung. e Tart.. f. 41 ; t. 1, f. b (bonne photographie et chromo médiocre).

‘ Gautier, Champ. t. 6, f. 3 (médiocre).

Gillet, Champ., Fr. Hymén., t. 15 (10) (bonne). __ Hahn, Pilz-Sammler, f. 4 (assez bonne). \ ‘ Hinterthür, Prakt. Pilzkunde, t. 5, f. 7 (médiocre).

Krombholz, Abbild., t. 29, f. 10-13 (assez bonne).

Lanzi, Fung. Roma, t. 121, f.1 Re reproduction de Vittadini).' |

Larber, Fungbi, t. 9,f,2 (mauvaise).

er

Laval, Champ., t. Let 4 (trchromie et photographie médiocres).

Lenz, Schwamme, t. 3, f. 16 (mauvaise).

Letellier, Fig. Champ. t. 639 (médiocre).

Letellier, Avis au peuple, fig. 3 (sup. droite, ÉCHOCTE)

Leuba, Champ., t. 8 (douteuse).

Loudon, Encycl., f.15737 (N. v.)

Lucand, Champ. Fr., t. 226 (assez bonne).

Maire, Bull. Soc. Myc. Fr., 18, suppl. t. 5, f. 35-36 (cytologie de la baside)

Mazimann et Plassard, Tabl. Champ. vén., f. 5 (passable).

Michaël, Führer Pilzfreunde, 1, t. 58 (douteuse, semble plutôt valida).

Migula, Pilze, 1, t. 136 C (assez bonne).

Moyen, Champ., t. 2, f. 2 (passable).

Oswald et Blücher, Pilze, t. 5 (mauvaise copie de Michaël).

Paulet, Soc. R. Méd., 1778, t. 12; 14, fig. 2 (mauvaises et douteuses).

Paulet, Traité Champ., t. 160, f. 2 ; 159 (mauvaises et douteuses).

Patouillard, Tab. anal., {. 502 (bonne).

Radais, Champ. qui tuent, f. 6 (bonne).

Richon et Roze, Atlas, t. 5, f. 5-8 (assez bonne).

Ricken, Blatterpilze, t. 18 (passable).

Rolland, Bull. Soc. Mycol. Fr., 6, t. 114, f. 3 {passable).

Rolland, Champ. qui tuent, t. 1, f. 7 (N. v.)

Rolland, Atlas Champ., t. 7, fig. 10 (assez bonne).

Roques, Hist. Champ, t. 20, f. 3 (mauvaise et douteuse).

Roumeguère, Crypt. illustr. f. 411 (N. v.)

Rothmayr, Pilze, t. 39 (médiocre et douteuse).

Sapolini, Fung. velen., t. 5 (N. v.)

Schaeffer, Icones, t. 90 (médiocre).

Staude, Schwamme, t. 10, f. 3-4 (N. v.)

Sterbeeck, Theatr. Fung., t. 16, f. F. G. (mauvaise).

Tanaka, Mycor. Nippon, 4, 4, part. 2, t. 5 (N. v.)

Valenti-Serini, Fung. Sen., t. 41, 42, 44 (médiocres).

Van Bambeke, A vasc. Autobasidiomycètes, AE A ne (anatomie, bonne).

Venturi, Mic. Brescia, t. 3 (douteuse).

Venturi, Stud. mic., t. 4, f. 1-8 (N. v.)

Vittadini, Fung. mang., t. 39 (bonne).

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Viviani, Fung. Italia, t. 26 (douteuse, paraît représenter plutôt À. spissa).

Voglino, Nuov,. Giorn. Bot. Ital., 49, t. 7, f. 4 (hyménium, assez bonne).

Williams, in Asa Gray Bull., 6,t.1,f.2(N v.)

Description de la forme nord-africaine. — Carpophores non hygrophanes, solitaires ou en petites troupes ; saveur douce ; odeur faible ; spores en masse blanc pur ; chair entièrement blanche.

Pied (8-12 X 1-2 cm. ; bulbe atteignant 2,5-3 cm. d'épaisseur) atténué de la base au on puis subcylindrique au-dessus d’un bulbe ovoïde, fibro-charnu, farci, puis à la fin creux, séparable du chapeau, sec,

blanc, fibrilleux puis sublisse ; anneau supère, ample, membraneux, pendant, blanc, glabre, lisse ou strié sur la face supérieure, floconneux-subtomenteux sur la face inférieure, parfois évanescent sur l’adulte ; volve persistant sous forme de 2-3 bourrelets membraneux souvent en hélice, ‘plus ou moins complets, au sommet du bulbe et au-dessus, et sous forme de * pustules blanches sur le chapeau.

à Chapeau (6-11 cm. diam.) convexe puis aplani, non mamelonné, assez épais, charnu, fragile ; revêtement plus ou moins séparable, humide et même un peu visqueux, puis sec, glabre, brun-jaunâtre à bistre-marron (K : 128-147-138-133-153-110), moucheté par les pustules blanches détersibles de la volve (ces pustules sont rarement enlevées complètement “ par la pluie) ; marge striée, concolore.

; Lamelles serrées, non séparables, ventrues, plus ou moins atténuées aux deux extrémités, libres, larges, minces, blanches, à arête pruineuse ; sans intervénation ; lamellules ccupées carrément.

Arête hétéromorphe par des poils claviformes ; trame des lamelles bilatérale ; basides claviformes, 40-50 X 8-10 K ; spores hyalines, lisses, uni—à pluriguttulées, ovoïdes ou subglobuleuses apiculées, 6,5-11 X 6-8u.

Yarjations. — RozLanp (*) a décriten Corse des formes à marge du . chapeau non strié et à chapeau blanc- salé épais qui pourraient être retrouvées dans notre pays.

Habitat, biologie et répartition. — L’A. pantherina vit en Europe dans les forêts de Hêtres, de Chênes, de Châtaigniers. Il est répandu dans toute

( RozranD, Bull. Soc. Mycol. France, 14, p. 77.

l’Europe, et jusqu’au Japon et semble très rare en Amérique, où il paraît étre remplacé par une espèce vicariante, À. cothurnata Atkinson.

Dans l'Afrique du Nord, l'A. pantherina est, comme les À. phalloïdes et mappa, spécial aux forêts de Chênes : on le rencontre sous Q. Suber à La Réchaïa, sous Q. Sube:: et Q. Mirbeckii dans les forêts de Kabylie (Azazga, Yakouren, etc), à La Calle. Enfin nous en avons vu un spécimen provenant du Sahel d'Alger, récolté probablement sous les Q. Suber

de la forêt de Baïnem..: 2

Culture. — La culture de cette espèce n’a pas été tentée jusqu'ici.

Toxicité. — L’A. pantherina a ‘toujours été considéré comme trè dangereux. Cependant depuis quelques années les auteurs allemands ou de langue allemande le donnent couramment, à la suite de Micuaec (**), comme comestible sous la simple condition de le débarrasser du revêtement du chapeau. Cette innocuité de l’A. panthertna a aussi été signalée plusieurs fois par des amateurs français. Il convient de remarquer à ce sujet qu’il est très facile de confondre l’A. pantherina avec les A. spissa et valida, surtout si le champignon n’a pas été déterré avec le plus grand soin, et que cette confusion a été faite parfois par des mycologues déjà exercés. Si la description de Micnagc, qui peut avoir été plus ou moins, empruntée aux auteurs, mentionne les caractères distinctifs de l’A. panthcrina, la figure pourrait tout aussi bien être rapportée à l'A. valida, à cause de sa marge non striée, des bourrelets serrés, peu saillants, non hélicoïdaux, de la base du pied, et à cause de sa corpulence insolite.

L’A. pantherina a d’ailleurs authentiquement causé des accidents graves ; on lui a même imputé de nombreux cas de mort.

Malheureusement l’empoisonnement panthérinien est encore mal connu à l’heure actuelle, ce qui provient de ce qu’on a peu d'observations cliniques de cas dûs d'une façon certaine à l’action isolée de l’A. pantherina, et de ce qu’on a peu étudié la chimie et la toxicologie dece champignon.

La muscarine et la choline ont été trouvées dans l’A, pantherina par Boeum (*), qui a observé d'assez fortes variations de la quantité de ces corps contenue dans le champignon suivant les années et la provenance. Inoko (**) a trouvé dans l’A. pantherina du Japon, outre la muscarine,

Rae em ne me

(”) MicuaeL, Führer f. Pilzfreunde, 1, no 58. () Boum, Arch. f. exp. Path. u. Pharm, 19. p. 60, 1885 (**) Ixoko, Mitt, d, Med. Fakult. zu Tokio, r891/0"4, "D, 513.

une substance analogue à la myco-atropine ; il a constaté des variations saisonnières de la toxicité : en juillet-août le champignon produit surtout

de la gastro-entérite, en octobre des phénomènes narcotiques.

Si Micuaez a bien consommé sans inconvénient des A. pantherina dépourvus de leur revêtement piléique, la localisation des principes toxiques serait analogue dans ce champignon et dans les autres Amanites : maximum dans le revêtement du chapeau. quantités beaucoup plus faibles ailleurs.

Le mode de préparation paraît ici aussi avoir une action considérable sur la toxicité. Conpier (*) a constaté, en effet, que la toxicité disparaît par la dessication ; le « blanchissage » paraît aussi rendre le champi-

gnoninoffensif.

Au point de vue clinique on a décrit des empoisonnements panthériniens avec les symptômes les plus variés. L’examen des observations permet toutefois de distinguer des cas où le syndrome se rapproche du syndrome phalloïdien, cas souvent mortels, et d’autres, relativement bénins, où le syndrome est fortvoisin ou identique au syndrome muscarien. Cela autorise à supposer que la détermination des champignons ingérés n’a pas toujours été suffisante. Les cas mortels à syndrome phalloïdien sont très probablement des empoisonnements mixtes, où l’A. phalloides (ou une autre Amanite phalloïdienne) a joué le rôle principal (**).

Tous les empoisonnements dans lesquels l’absence d'Amanites phalloïdiennes est sûre présentent une allure muscarienne, et il en est de même des empoisonnements expérimentaux réalisés par [Ixoxo. Toutefois avec l’A. pantherina on observe ordinairement une prédominance encore plus marquée des phénomènes d’excitation cérébrale (***), aussi l'A. pan: therina est-il employé au Japon pour produire une ivresse analogue à l’ivresse muscarienne des indigènes sibériens.

Le pronostic dans l’empoisonnement panthérinien pur nous semble donc généralement bénin. Si les statistiques de Rocu donnent une mortalité de 20 0/0, c’est qu’elles tiennent compte des cas où l’A. pantherina n’était probablement pas seule en cause.

Le traitement est le même que dans l'em poisonnement muscarien.

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