RÉPARTITION SYSTÉMATIQUE DES CHAMPIGNONS DANGEREUX
Les champignons vénéneux envisagés au sens le plus large sont répartis un peu dans tous les groupes systématiques ; mais il n’y a pratiquement de champignons vraiment dangereux que dans la famille des Agaricacées, et encore sont-ils dans cette famille à peu près spéciaux aux genres Amanita et Volvaria. En dehors des Amanita et des Volvaria le mycophage ne risque qu’une intoxication relativement peu grave.
Il doit cependant être averti que cette intoxication bénigne peut être extrêmement pénible et qu’elle peut parfois suflire à achever un malade chronique.
Dans la pratique, une connaissance botanique suffisante des champignons à volve (A manita et Volvaria) suffit à préserver l'individu bien portant des intoxications mortelles. Cette connaissance n’est pas très difficile à acquérir.
Tout d’abord il est bien facile de reconnaître une Agaricacée : tou]
champignon charnu présentant sous son chapeau des lamelles rayonnantes est une Agaricacée, [l est un peu plus délicat de reconnaître un champignon à volve, Amanita ou Volyaria. Cette reconnaissance nécessite quelques notions sur le développement du champignon, qui seules permettent de comprendre ce qu’est une volve et de reconnaître cet organe. Nous allons exposer ces notions d’une manière aussi: claire et aussi concise que possible. Nous ne prétendons pas faire ici une étude scientifique du développement de la fructification chez les champignons à volve, mais bien donner quelques notions pratiques, largement schématiques, permettant au mycophage, à l’amateur et au médecin de reconnaître quelques caractères d’une appréciation parfois un peu délicate.
Le champignon, tel que le connaît le public, n’est autre que la fructification d’un appareil végétatif (mycélium) qui s'étend dans le sol (ou tout autre substratum) sous forme de filaments ramifiés, tantôt très fins, microscopiques, tantôt agrégés en cordonnets visibles à l’œil nu. Le type de ces appareils végétatifs est le « blanc de champignon ». Sur le mycélium se forment au moment de la fructification des masses compactes, constituées par des filaments mycéliens enchevêtrés, qui sont les ébauches des fructifications.
Les Agaricacées sont pour la plupart hémi-angiocarpes, c'est-à-dire que leur fructification se développe primitivement à l'intérieur d’une enveloppe, dont elle sort avant d’avoir müûri ses spores. Chez les Agaricacées donc, les masses compactes qui constituent les ébauches des fructifications ne tardent pas à pren ire une forme ordinairement subglobuleuse et à se différencier en une enveloppe, le voile général, et dans l’intérieur de
cette enveloppe en une ébauche de champignon présentant un pied court et un chapeau à bords plus ou moins repliés sur ce pied. Le tissu de l’enveloppe se prolonge, plus ou moins abondant, entre la face inférieure du chapeau et le pied, formant le voile partiel. Le développement ultérieur peut s'effectuer de 5 manières différentes, en faisant abstraction du voile partiel :
1° Le voile général ne suit que pendant peu de temps l’accroissement de l’ébauche interne : il disparaît alors de bonne heure et on n’en trouve plus de traces sur le champignon adulte.
20 Le voile général suit pendant longtemps l'accroissement de l'ébauche interne mais se soude à elle intimement, Au moment de j’épanouissement du champignon il est rompu en une portion qui contribue à constituer le revêtement du chapeau, et en une autre portion qui con tribue à former le revêtement de la base du pied ; il n’est donc pas individ ualisé sur le champignon adulte.
3° Le voile général suit pendant très longtemps le dév eloppement de
l'ébauche interne, sans se souder à elle. Ce voile général, de consistance friable, est dissocié en fragments nombreux au moment de l’épanouissement, et persiste sur le champignon adulte sous forme de pustules détersibles situées les unes sur le chapeau, les autres sur la base du pied. Ces dernières peuvent être remplacées par des bourrelets plus ou moins floconneux.
4° Le voile général suit pendant très longtemps le développement de l'ébauche interne sans se souder à elle, sauf à la base du pied. Ce voile général. de consistance tenace vers la base, de consistance friable vers le baut, se sépare lors de l'épanouissement en 2 parties. La partie basilaire reste soudée au pied sauf un rebord libre peu élevé, la partie supérieure éclate en fragments qui forment des pustules détersibles sur le chapeau adulte.
5° Le voile général suit pendant très longtemps le développement de l’ébauche interne sans se souder à elle, sauf à la base du pied: Ce voile, de consistance tenace dans toute son étendue est déchiré au sommet lors de l'allongement du pied ct persiste sur l’adulte sous forme d’un sac entourant la base du pied, et parfois d’une ou de quelques larges plaques membraneuses détersibles sur le chapeau.
-Dans les cas 3, 4 et 5, il existe donc, sur le champignon adulte des débris détersibles du voile général, qui constituent ce qu’on nomme la volve. Cette volve peut être pustuleuse (cas 3,) circoncise (cas 4) ou sacciforme (cas 5).
De plus le voile partiel évolue de façon bien différente suivant les espèces. Tantôt il ne suit que peu de temps le développement de l’ébauche interne et disparaît de bonne heure ; tantôt il s’accroît pendant longtemps et constitue au moment où le chapeau s'éloigne du pied une sorte de membrane unissant le sommet du pied à la marge du chapeau. Cette membrane ne tarde pas à se détacher de la marge, elle retombe alors sur le pied comme une collerette. Dans le premier cas le champignon adulte a le pied nu, il est dit sans anneau ; dans le second cas il porte une collerette ou anneau membraneux, floconneux ou aranéeux, il est alors dit annulé ou cortiné,
Ces notions préliminaires étant exposées nous pouvons Set d'une façon simple et nette les genres Amanita et Volvaria. ù
Les À manita sont des Agaricacées possédant une volve variable et un anneau, à spores blanches. |
Les Volyaria sont des Agaricacées possédant une volve toujours sacciforme, sans anneau, à spores roses.
Il est donc le plus souvent bien facile de reconnaître une Amanite ou
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une Volvaire, à condition de déterrer la base du pied avec les plus grandes précautions, pour ne pas méconnaître la volve. Dans la pratiqueil y a toutefois des causes d'erreur surtout pour les Amanites à volve pustu leuse, dont le pied et le chapeau peuvent être parfois détergés soit par des averses, soit par un manque d’adhérence des pustules.
Voici un tableau synoptique des caractères essentiels des champignons vénéneux d'Algérie.
Champignons à volve.........,.... CRÉES RM EE EEE
Champignons sans volve......... RSS Ce rein mate te 3 SpOreS DIANCRES FA ee tbe nn RTS RE CRIME Amanita DOOLÉSI POSE ee. eve ROME RD TER .,. Volvaria Sporés blanches ou "blant-jaunâtre,...,,..,..04.. 0. D HN 4 S'POLES TOSES NE en cn Three AT RE Re me, Entoloma Lamelles libres (non adhérentes au pied).............. Lepiota Lamelles décurrentes sur le pied..,.................. Clitocybe
Les genres ci-dessus ne présentent en Algérie qu’une seule espèce vénéneuse, sauf le genre Amanita qui en comprend 4, que l’on peut séparer comme sui! :
Volve pustuleuse ou circoncise...... RAR PURE EE EU RARE Ts 2 Volve sacciforme,........ .......... A. phalloides (sensu lato) Volve circoncise (pied à bulbe marginé, pustules sur le 9 CHA DEA Er AN rt LL A a ere Sue PE LE À. citrina Volve pustuleuse::::..75.1,. RTC ME Er De Cup PRE DE 3 Chapeau rouge orangé, pustules sur le bulbe....... A. muscaria
3 | Chapeau brun, bourrelets plus ou moins floconneux au'déssus du-buibe sin. 5. A" "Dantherigd
Genre AMANITA (Fr. subgen.) Quél. emend. Roze.
Caractères du genre. — Agaricacées leucosporées, à chapeau séparable du pied, pourvues d’une volve et d’un anneau plus où moins développé ;
-lamellules coupées carrément ou en biseau, mais non arrondies ou atté-
Du TL Hits
nuées : trame des lamelles bilatérale ; hyménium sans cystides ; arête des lamelles hétéromorphe par des poils vésiculeux.
| Amanita phalloides (Fr.) Quél.
Synonymie.— À garicus bulbosus Bull. Champ. Fr.t. 2, 577 (pro parte). — A. vernalis Bolt. t. 48. — Amanita viridis Pers. Syn. p. 251. — Agaricus virosus Vittad. Fungh. d'Italia, p. 135,t. 17, pro parte; non Fr.— A. phalloides Fr. Syst. Myc. 1, p. 13 (ex Vaillant, Bot. Par, p. 74, t. 14. ft. 5, Fungus phalloides, etc.) — Amanita phalloides Quél. Champ. Jura et Vosges, 1, p. 07.
Icones. — Arcangeli, Funghi velen. e mang. f. 2 (N v.). Atkinson, Bull. Coruell Agr. Exp. St., 138, f. 106-109 (N. v.) Atkinson, Mushrooms, f. 56-58, t. 14 (bonnes photographies des formes américaines).
Baillon, Bot. crypt. méd., p. 91 (N. v.) Barla, Champ. Nice, t. 4, f. 2-8 (bonnes).
Barla, Champ. Alpes-Mar. ti. 1, f. 4-6 (bonnes figures de la {orme jaune).
Barla, Aperçu, t. 3, f. 27-28 (N. v.)
Bendiscioli, Fungh. Mantova, t. 10 (N. v.)
Berkeley, Outlines, t. 3, f. 1 (bonne).
Berkeley, Ann. Nat. Hist. 1, 1838, t. 4, f. 14 (hymenium, n. v.)
Bernard, Champ. Rochelle, t. 1, f. 1 (bonne).
Bernardin, 60 Champignons, t. 3, f. sup. droite (médiocres).
Bischoft, Krypt. f. 3243 (N. v.)
Bolton, Hist. Fung. Halifax, 1. 48 (mauvaise).
Boyer, Ch. com , t. 6.
Bresadola, Fung. mang. vel.. t. 3 (très bonne).
Britzelmayr, Hym., Leucosp. f. 121 (bonne), f. 741 (assez bonne).
Baillia'd, Champ. France, t. 2 (bonne), t. 577 f. D (bonne).
Cavara, Fung. mang. t. 5 (N. v.)
Chestmet in Yearb. Un-St. Dep. Agr. 1806, p. 144, f. 28 (N. v.)
Chestmet, U.-S. Dép. Agr., Div. Bot. Bull. 20, 1898, p. 14, F2 CNE)
ot ve Dep. Agr. Farm. Bull. 86, 1808, p. 6, f. 2
niv Corda, Icon. 4,t. 10, f. 137 (spores sur les basides, assez bonne)
Corda, in Sturm, Deut. Flora, 3, fasc, 14, t, 55 (mauvaise, hyménium faux).
ln ee
Cordier, Champ. t. 4 (figures de gauche seulement, assez bonnes).
Coupin, Atl. Champ. par., t. 55, f. 1-2 (figures noires schématiques).
Coville, U.-S. Dep. Agr. Div. Bot. Circ. 13, 1897, p.: 20. f. 21 (N. v.)
Dietrich. Deut. Krypt. Gew., 3, t. 2 (médiocre).
Dufour, Atlas champ. t. 4, f. 5 (reproduction de G. Hahn).
Dumée, Atl. t. 3 (bonné).
Evbinghaus, Pilze und Schwamme, t. 4, fig. sup. droite (mauvaise).
Farlow, U.-S. Dep. Agr. Div. veg. Path., Bull. i5, 1887, t. 23 (N. v.)
Farneti, Ar mang.,t. 1,f.a-d(N.v. à
Faupin, Disees com. et véa., t. 8, f. droite (passable).
Éarod Ann oct Nat.sSer. 7,0 rR80 107 fort 7 Cu r2 (spores et primordium, bonnes)
Ferry, Amanites, t. 1, 2,3, 4 (bonnes, représentant les diverses variations).
Flora Batava, t. 738, 829 (N. v.)
Flora Danica, t. 1246 (passable, mais pied trop vert). Fries, Sveriges Aetl. Svamp., t. 2 (assez bonne, représentant plusieurs formes),
Garman, Bull. Kentucky Agr. Exp. St. 135, 1890, p. 13: 7 (NV) ;
Garofoli, Fung. e lartufi, t. 1, f. a (bonne).
Gautier, Champ., t. 7, f. 1, 3, 4, (médiocres). Gibson, Ed. Toadstools, p. 74 (bonnes figures noires). Gillet, Ch. Fr., Hym., t. 6 (3) (très bonne).
Gonnerman et Rabenhorst, Mycol. Europ. 1-2,t. 10, f. 1 (anormalement pâle, serait-ce À. verna ?).
Gotthold-Hahn, Pilzsammiler, f. 1-2 (assez bonnes).
Guéguen, Tableau Ch. vén. (bonne).
Halstedt, Bull. New-Jersey Agr. Exp. St., 135, 1890, p. 13, F7 (NEsv)
Hard, Mushrooms, f. 11-12 (assez bonnes photographies).
Harzer, Abbild. t. 5 (peu typique, paraît se rapporter plutôt à À. mappa).
Henderson, Bull. Idaho Exp. St. 27, 1901, p. 30 (N. v.)
Hennings, in Engler-Prantl, Nat. Pflanzenfam., 1, 1**, p, 274, Fiv29;B (bonne fig. noire).
Hinterthür, Prakt, Pilzkunde, t, 3 (mélange de mappa et de phalloides, médiocres),
SHAlORRE Kellerman, Mycol. Bull. 2, 1904, p. 56, f. 53 (N. v.)
Kerner, Pflanzenleben, 2, p. 17, t. 6-7 (assez bonnes figures noires).
Krombholz, Abbild., t. 28, f. 1, 2, 3 (médiocres), t. 69, f. 10-17 (bonnes),
Lanzi, Fung. Roma, t. 123, f. 1 (médiocres reproductions de Krombholz et de Vittadini).
Larber, Funghi, t. 8, f. 4 (médiocre).
Laval, Champ., t. IV et 20 (assez bonnes).
Letellier, Avis au peuple, f, r (sup. gauche) (bon dessin, mauvais coloris)
Letellier, Fig. Champ., t. 631 (forme exannulée).
Lindblad, Svampbok, t. 1, f. 3 (assez bonne).
Lloyd, Volvae, p. 3, f. 3 (bonne photographie).
Lorinser, Schvamme, t. 6, f. 2 (mauvaise).
Loudon, Encycl. f. 15732 (N. v.)
Marshall, Mushroom Book, p. 48 (bonne photographie de la forme américaine).
Mac Ilvaine et Mac Adam, Amer. Fung. t. 6, f. 3 (assez bonne figure de la forme américaine).
Massee, Brit. Fungi, t. 2, f. 1 (assez bonne) représente bien la forme nord-africaine.
Mazimann et Plassard, Tableaux Champ. f. 1 (assez bonne).
Michaël, Fükhrer Pilzfr., 1, t. 59 (bonnes figures, celle de gau-. che appartient à A. mappa).
Migula, Pilze, 1, t. 135 B (bonne).
Moquin-Tandon, Bot. méd. p. 441, f. 110 (N. v.)
Morel, Traité Champ. t. 11, f. Supérieure gauche (médiocre).
Nicholson, Dict. Hort. 1, p. 77, f: 75 (N. v.)
Noulet et Dassier, Champ. sous-pyrén., t. 37, f. B (passable).
Oswald et Blücher, Pilze Mittel-Europas, t. 2 (médiocre et douteuse).
Palmer, Mushrooms, t. 10, f. 2-3 (N. v.)
Paulet, Mém. Soc. R. Médecine, t. 5 (assez bonne),
Paulet, Traité Champ., t. 155 (assez bonne), 156, f. 1-2 (médiocres).
Peck, 48 Report, 1894, t. 40 (bonne figure de la forme américaine).
Persoon, Champ. comest, t. 2, f, 3 (médiocre).
Phœbus, Deut. Krypt. Gift, t. 1, f, 1-2, 4-28 (assez bonnes),