LE MATIN
Un groupe de sarcleuses A tourné le chemin ; De leur rire vsonore Eclatent les grelots ; Sur leurs lèvres l'aurore Vermeille a fait éclore De vrais coquelicots.
Dans la vapeur grisâtre,
Apparaît au lointain
Un point noir : c'est le pâtre;
Il vacille incertain;
Le mouvement révèle
Les contours indécis
De son troupeau qui bêle
Et du chien qui harcèle
Sans repos les brebis.
Tout flotte vague encore ainsi que dans un rêve, Car l'heure matinale est l'enfance du jour ; L'enfance qui sourit, dont la joie est sans trêve; Epoque rose et blonde et qui trop tôt s'achève, Où souvent attendri le cœur fait un retour.
Courrières, 1871.
A Louis Cabat.