‹ Les champs et la merChapitre 15 sur 49 · LE MATIN · texte numérisé non relu

LE MATIN

A Torient le ciel, comme une arche superbe, S'ouvre, et l'on sent courir d'ineffables fraîcheurs. D'un soleil radieux l'éblouissante gerbe JailUt; de toutes parts sur les blés et sur l'herbe, Fantômes attardés, se traînent des blancheurs.

Dispersant ces fantômes, Qu'abandonne la nuit.

Sur le faîte des chaumes Voici le jour qui luit :

Et la vapeur déferle, Puis, chantant sa chanson, Furtivement le merle Sautille et boit la perle Qui s'irise au buisson.

C'est l'heure de la joie; Au matin tout est clair; Dans le ruisseau chatoie Un fugitif éclair.

Près de l'eau cjui serpente, Comme il rit rafraîchi, Sur une douce pente.

Le pré vert qui s'argente Par la brume blanchi !

Les fleurs, de tous côtés, entr'ouvent leur corolle; Les petits liserons, qui s'attachent aux blés, Semblent les enlacer d'une étreinte plus folle. Ivre et ravie au ciel l'alouette s'envole, Et les saules soyeux frissonnent tout mouillés.

Alertes et parleuses, La houette à la main,

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