SEULE
Les chaumes de velours, sous une poudre d'or, Bordés d'un trait de feu, nagent dans l'ombre grise; Par delà les toits noirs que sa lumière frise, S'incline radieux l'astre de messidor.
Immense gerbe, il tombe épanchant son trésor: Et le zénith bleu verse une lueur exquise Sur la route où, parmi les senteurs de la brise. Chante et bondit la ronde au tournoyant essor.
Dans la poussière ardente et les rayons de flammes, Joyeusement, les mains aux mains, dansent les femmes. Mais la plus belle rêve, assise un peu plus loin;
Elle est là, seule... et mord sa lèvre maladive, Et telle qu'on verrait dans un champ de sainfoin, Se crisper et languir la pâle sensitive.
Courrières, 187J.