DIEU ET LES HOMMES
Et je m'étonnaivS que les anges,
En ce beau jour immaculé,
Aux pigeons, sur les toits des granges,
N'unissent point leur groupe ailé.
Lorsque soudain je sens la terre Bondir et trembler sous mes pas, J'entends plus lugubre qu'un glas, J'entends un bruit sourd : c'est la guerre!
CoLirrières, 1870.
COURRÎÉRES, 1870.
C^u*implacablement triste est ta plaine, ô Courriéres ! Sous la neige boueuse où s'incrustent les pas; Partout péniblement s'allongent tes ornières, Fosses qui font songer vaguement au trépas.
Le vent aigu du Nord fait pleurer les paupières ; Et la nature, morte aux sinistres appas, Dort sous un froid linceul, ainsi qu'aux cimetières, A l'âme révélant l'iiorreur qu'on ne voit pas.
Un essaim de corbeaux se rassemble ec tournoie;
Il flaire le cadavre et croasse de joie.
Un bruit funèbre tonne : Est-ce la foudre? Non.
Son grondement brutal frappe au cœur et l'atterre. On se bat à Bapaume, et tandis que la terre Bondit, dans Tair glacé retentit le canon.
CourrièreS; 1870.