‹ Les champs et la merChapitre 26 sur 49 · LA RETRAITE D'AMIENS · texte numérisé non relu

LA RETRAITE D'AMIENS

La neige emplit les airs de ses blancs tourbillons; Comme un suaire elle est sur la terre étendue. Sous un ciel gris et froid de mornes bataillons Défilent; leur rumeur est à peine entendue.

Ils portent des drapeaux troués, tout en haillons. Une anxiété sourde est partout répandue; C'est navrant. Et naguère, en ces mêmes sillons, La cigale chantait, dans Tivresse, éperdue...

C^étaic la plaine d'or, un océan de biens. Aujourd'hui, c'est Tarmée en retraite d'Amiens ; Que sera-ce demain? Tout le monde l'ignore.

Mais je sais que la France étouffe en ses liens; Qu'on la couvre de sang, que le feu la dévore; Horreur! que nous avons à deux pas les Prussiens!

Courrières, 1870.

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