LES ALOUETTES
Dans Teffluve azuré qui revêt de mystère La nudité des champs où la faux a passé, Sur un point du terroir nouvellement hersé, Un éclat lumineux, un astre solitaire, Qu'on croit tombé du ciel et qui palpite à terre, Jette de gais rayons dont Tair est traversé.
Tournoyant alentour, un essaim d'alouettes Se berce dans son vol doucement ondulé ; Car le rayon toujours fascine Têtre ailé;
L'étincelle des flots appelle les mouettes, Aux flammes de Tart pur s'exaltent les poètes, Et près du flambeau gît le papillon brûlé.
L'alouette n'a pas la raison qui protège Et ne soupçonnant pas le perfide appareil, Croyant naïvement à cet astre vermeil.
Elle chante, et, ravie, elle fond sur le piège; Et Ton voit triompher l'oiseleur sacrilège Qui pour tromper l'oiseau s'est servi du soleil.
Courrières, 1874..
A Leconte de Lisle.