CRÉPUSCULE
Et quelle fraîcheur ineffable D'améthyste et de gris perlé, Le zénith verse sur le sable, A côté du gazon brûlé !
Un rayon court dans Tombre grise, Plonge et meurt dans les profondeurs, Faisant encore, lorsqu'il se brise, Rejaillir de vives ardeurs.
Et les fleurs chuchotent discrètes.
Dans Finsaisissable flottant^ Dressant quelques rouges aigrettes, Dernier effort du feu luttant.
Sur les buissons les émeraudes
Ont une sourde intensité ;
Les fonds sont bruns ; des vapeurs chaudes
Se trament dans Timmensité.
Par delà les touffes d'érable, Au ciel d'opale et d'or bruni, Plein d'une tendresse adorable Palpite et tremble l'infini.
Oh ! ferme ta fleur, renoncule, Amante du grand jour qui luit, Pour ne pas voir au crépuscule, Le Jour s'accoupler à la Nuit.
Courrières, iS'/y
A Eugène Fromentin,