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LA GRÈVE

Sur le golfe d'azur brodant d'un fil d'argent Ses contours arrondis, ses raides promontoires, Ses rochers veinés d'or, couverts de forêts noires Et de roses sommets dans la brume plongeant, Soutenant d'une main sa flottante quenouille, En sa marche tranquille, en son âpre fraîcheur Foulant la grève, où court Tair salin qui la mouille. Quand passe près des flots la fille du pêcheur. Lorsque son brun visage aux lèvres purpurines, Sous un ciel de saphir brille, et qu'un souffle amer

Entraîne son mouchoir couleur d'algues marines, Son jupon toujours bleu sur le bleu de la mer, Son chanvre au ton de sable et sa coiffe d'écume Qui frémit, se soulève et tremble à l'ouragan, Oui, parfois l'on dirait que cette enfant résume Les sauvages beautés du splendide Océan.

Douarnenez, septembre 1873.

A Paul Baudry.

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