LE NID
Dans votre nid, ce petit monde, Que de beautés frappent vos yeux; Le bois dans sa voûte profonde Ouvre à Tinfini des trous bleus.
Et qu'il vous paraît chose énorme, Ce tronc de velours tacheté ; Pour qui commence, un petit orme Représente l'immensité.
Petits, lorsque votre bec s'ouvre Sur cet orme voisin, guettant.
De peur que l'on ne vous découvre ; La mère impatiente attend.
Elle attend le moment propice.
L'ayant de la prudence appris ; Et l'infatigable nourrice S'en vient d'un bond calmer vos cris.
Puis la nuit elle étend son aile Pour vous couvrir de sa chaleur ; Et sous la plume maternelle Vous écoutez battre son cœur.
Innocents aux paupières closes, Rien ne peut encor vous troubler ; Mais la mère, qui voit les choses.
Sait qu'elle doit toujours trembler.
CourrièreSj 1870.
A Jules Dupré.