‹ Les champs et la merChapitre 8 sur 49 · LA PAIX DES BOIS · texte numérisé non relu

LA PAIX DES BOIS

Il s'attarde, il attend que les rayons torrides, S'apaisant, aient cessé de harceler le blé; Et libre des soucis dont son cœur fut troublé, Il suit son rêve errant sur le miroir sans rides.

Courrières^ 1873.

LE iNÎD.

Votre frêle existence est douce, Petits oiseaux dans votre nid, Serrés ensemble dans la mousse Entre la terre et l'infini.

Tandis que la mère recueille Des mouches pour votre dîné. Vous regardez grandir la feuille Si tendre en son vert satiné.

Avant vous on la vit éclore Sur cet arbuste sauvageon ; Vous n'étiez pas dans l'œuf encore Quand se déchira son bourgeon.

Lorsqu'un gai soleil la traverse Avec des éclats inouïs, Aux feux d'émeraude qu'il verse Vous souriez tout éblouis.

Dès que l'aurore vous arrose Et vient mouiller votre chevet, S'agite votre tête rose Que couronne un léger duvet.

Des torrents de lumière blonde Caressent vos petits cous nus ; La gaîté folle vous inonde De tressaillements ingénus.

Du haut de l'arbre que balance Le vent frais, un son argentin Se fait entendre ; c'est la stance Que chante le père au matin.

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