‹ Les Chances syphilitiques du PiedChapitre 14 sur 16 · PLANCHE III · texte numérisé non relu

PLANCHE III

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. À l'entrée, le diagnostic est confirmé, l'examen complet est négatif, rien aux orteils, R. W. népative.

Le 1° avril, la malade se plaint d'une lésion du gros orteil. Elle dit qu'il y a 8 à 14 jours elle s’est blessée à une arête en fer blanc, dans la salle de bains, et que son orteil a saigné.

Auparavant, elle n'avait remarqué rien d'anormal à son pied et même elle f'avait prêté aucune attention à la lésion.

Le gros orteil droit est très œdématié. L'enflure remonte sur le dos du pied et arrive jusqu'à la moitié de la jambe. Une rougeur qui part de l’orteil se continue un peu plus loin que la jambe. La pression de l'ongle est très douloureuse ; l’ongle est d'un jaune sale et soulevé jusqu'à la moitié, en dessous existe un dépôt purulent jaunâtre.

Le sommet de l’orteil est le siège d’une perte de subsistance, bien circonscrite qui entoure l’ongle comme un fer à cheval. Elle a la grosseur d'une pièce d’un mark. La base est d’un rouge brun brillant, et à cause d’une abondante sécrétion parait être vernissée, ça et là se trouve un dépôt adhérent qui va d'un blanc sale au vert gris (pl. Ii).

Le pourtour de l'ulcération est formé par une zone rougeâtre différente de la rougeur pâle du reste de la peau.

Il y a deux ganglions fémoraux de la grosseur d'une noisette du côté droit. La R. W. est négative.

6 avril. Par le repos au lit et par des enveloppements, on a circonscrit l'inflammation, l’œdème du dos du pied est'disparu, la tuméfaction de l’ulcération est encore présente.

20 avril, l'ulcération augmente de volume, elle a une forme arrondie et entoure l’ongle.

22 avril. Roséole sur le thorax et l'abdomen, à petits éléments.

30 avril. L'éruption a augmenté particulièrement à la partie supérieure du corps. Des papules existent sur le dos et la plante du pied droit, surtout au niveau des enveloppements.

6 mai. Orteil encore assez enflé; à la jambe et au pied plus d’enflure.

30 mai. L'éruption a disparu. L’ulcération a diminué.

10 juin. L’inflammation a complètement disparu. Diminution de la douleur à la pression. La base de l’ulcération n'est plus rouge.

Des granulations se forment au pourtour de l’ongle qui est noir; du pus suinte à la pression.

Le 15 septembre, on enlève l’ongle.

15 octobre, la plaie est guérie, la malade sort.

Le 8 janvier 1012. Elle rentre de nouveau pour plaques muqueuses.

Dans les années suivantes et jusqu’à la date de la publication, aucun signe de syphilis n’est apparu.

OBSERVATION IV, de A. T. Büchler de New-York, publiée dans le « Journal des Affections cutanées et génitourinaires » 1902. (Résumée).

Le 13 septembre 1901; une fillette bien développée, âgée de 17 mois fut amonée à la clinique dermatologique de hôpital Presbytérien, pour une éruption persistante de lichen tropicus, dont l'enfant avait souffert pendant presque tout l'été.

Les papules étaient disséminées sur le thorax, l'abdomen et les extrémités et plusieurs portaient à leur sommet des excoriations provenant du grattage.

En plus de cette affection, on constatait une lésion ovale s'étendant transversalement sur la région du tendon d’Achille droit, 'juste au-dessus du talon. Cette lésion était nettement surélevée, bien circonscrite, présentait une induration considérable et une couleur brun foncé. Elle présentait une dépression centrale en forme de cupule, couverte d’une croûte brune jaunâtre, en enlevant celle-ci, on découvrait une surface rougeâtre granuleuse. Son plus grand diamètre mesurait environ un pouce; le plus petit avait environ la moitié de cette longueur. Les ganglions inguinaux du côté correspondant étaient considérablement augmentés de volume. En dehors de l’éruption de lichen tropicus mention- née ci-dessus, la peau était absolument normale comme l’étaient les muqueuses. Excepté l’adénopathie primaire, les ganglions n'étaient pas augmentés de volume. L’interroga- toire apprit et l'examen confirma qu’elle n'était pas une hé-

rédo-syphilitique. En ce qui concerne la lésion du talon, il fut établi qu’elle était apparue environ deux mois plus tôt comme une surélévation de la peau, de la taille d’un petit ha- ricot; puis elle s'agrandit progressivement, jusqu’à atteindre les dimensions décrits plus haut. L'examen de la mère montra une éruption qui datait de quatre mois, de syphilides papuleuses, siègeant à la racine des cheveux, sur le front, sur ‘’abdomen et sur le thorax. De plus, il y avait dans le pli inguinal et à la face interne de chaque cuisse des larges svphylides condylomateuses fongueuses et végétantes. L’adénopathie était généralisée, Pas de trace de lésion initiale. L'état de l’enfant demeura sans changement jusqu’au 30 septembre. Elle présente alors un éruption papuleuse très marquée de la paume des mains, des syphilides papulo-pustu-

-jeuses du front et une adénopathie cervicale antérieure et postérieure et épitrochléenne.

Pendant les deux mois suivants, l’enfant: présenta des syphilides condylomateuses sur la vulve et les cuisses et à différentes reprises des éruptions de plaques muqueuses des lèvres et des comissures. À la suite du traitement, l’éruption disparut et la lésion initiale n’estindiquée le 10 février que par une suriace pigmentée de couleur brunâtre légèrement infiltrée. eo s

L'étiologie pourra s'expliquer par ce fait que la mère et l'enfant couchaient dans le même lit: les syphilides condylomateuses de la mère paraissent la source probable de l’infection de l'enfant, une papule excorié: de lichen tropicus ayant probablement servi de porte d’ent:ée au virus syphilitique. |

OBSERVATION V, de Lesser, d’après le compte rendu de la Société Médicale de Berlin du 11 janvier 1800.

. Lesser présente un cas rare de chancre syphilitique de la plante du pied chez une repasseuse âgée de 28 ans. La malade avant senti, il y a deux mois et demi, des démangeaisons à la plante du pied se gratta souvent. Au milieu de novembre, s'est développé à ce niveas une ulcération léoèrement- saignante. Au milieu du mois de décembre, la malade remarqua deux plaies à Ja plante du pied, et vers la fin du mois se montrèrent tous les signes dela syphilis secondaire. (Roséole, plaques muqueuses sur la grande et petite lèvre et à l'anus).

À l'examen, on trouva sur la plante droite, une grande

- ulcération et une plus petite. La grande était située au niveau du 4° et du 5° orteil, dépassant le sillon qui sépare les orteils de la plante et descendant sur cette dernière par une ligne nette et ovale. Le fond de l’ulcération, -de couleur rouge brun, n’était pas profond. li-secrétait un liquide aqueux. L’ulcération dépasse la face plantaire des orteils et a produit un délabrement étendu du 4° orteil avec destruction du tendon et de l’os. L'aspect de l’ulcération est compiètement celui d'un chancre cutané. La destruction profonde au niveau des orteils doit être expliquée comme étant due à la gangrène.

Qu'il s’agissait d'un chancre syphilitique, la. chose n’était pas démontrée seulement, parce qu'il n'y avait aucune autre lésion qui pouvait être considérée comme telle, en d’autres parties du corps, que la malade remarqua les premières manifestations à la plante du pied, cinq à six semaines avant les manifestations secondaires, mais aussi par le fait que de tous les. ganglions augmentés de volume, les ganglions de l’aine droite l’étaient le plus. |

En ce qui regarde le mode d'infection, l'auteur croit que la malade a apporté à ce niveau avec Île doigt le virus syphilitique.

OBSERVATION VI. Service Gaucher, N° 16.545, rapportée par Bobrie. (Résumée).

D'ÉE::748 ans, cuisinière.

Le 18 mars 1910, la malade entre à l'hôpital pour accidents syphilitiques secondaires, ayant débuté il y a quatre semaines

Il y a deux ‘ mois, par conséquent deux mois avant, la

malade, en pantoufles, a reçu un coup de soulier d’enfant, à

Ia face postérieure du talon. Il se produisit dans cette région une petite plaie, augmentant peu à peu de dimensions; suppurant et s'accompagnant d’un œædème énorme du pied. Cette plaie fut traitée par des pansements humides.

« Actuellement la plaie siègeant sur le tendon d’Achille a les dimensions d’une pièce de cinquante centimes et est nettemen indurée; on ne trouve aucune adénopathie dans la région ganglionnaire afférente ».

Sur tout le corps, on remarque les syphilides papuleu-

ses de toutes dimensions, quelques-unes condylomateuses no-

tamment à la racine du nez entre les deux sourcils et sur le sein gauche.

Les syphilides prédominent à la partie antérieure du thorax, quelques éléments papuleux siègeant sur le cuir chevelu, les cuisses et les jambes, sur le cou et la paupière inférieure droite.

Aucun accident aux organes génitaux.

Pas de plaques muqueuses.

Pas d'adénopathie.

1 mai. La malade sort guenie de l'accident pour lequel elle est entrée.

18 juin 1910. Iritis de l'œil gauche, 5 juillet, guérison.

16 avril 1012, Psoriasis des deux ee dont le début re.

monte à deux mois.

15 mai 1913. Cystite, la malade est envoyée au service des voies urinaires et après, perdue de vue.

OBSERVATION VII de Leloir, reproduite d’après les « Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie », 1882. (Résumée).

Le 6 octobre 1879, Leloir fut consulté par un étudiant en médecine, âgé de 25 ans, couvert des pieds à la tête d’une syphilide papuleuse confluente, apparue le 2 octobre et constituée par des grosses papules saillartes d’un rouge foncé et iégèrement cuivré d’un aspect et d’une coloration caractéristiques.

En plus, il y avait de l’adénopathie cervicaie, de l’alopécie, des croûtes dans les cheveux, des plaques muqueuses dans la gorge et aux commisures des lèvres. Le malade était convaincu qu’il avait la syphilis, mais se demandait, cù était l’accident initial. Après un examen approfondi Leloir est frappé par le volume insolite des ganglions de la région inguinale droite et sourtout d’un ganglion situé ‘e long du trajet de l’artère fémorale, environ sept travers de doigt de l’arcade crurale.

Il prie le malade de se déchausser et quel ne fut son étonnement de voir entre le 2° et le 3° orteil du pied droit, le corps du délit : un magnifique chancre cutané.

C'était un chancre induré des plus caractéristiques de Ja latgeur environ d'une pièce de un franc, légèrement saillant, nummuliforme, allongé dans le sens antéro-postérieur, d’un rouge jambon: il était recouvert à sa partie centrale d’une croûte d’un vert brunâtre qui, enlevée, laissait voir sous elle une dépression, une exulcération en quelque sorte creusée à l’évidoir; quant à l’induration elle était des plus caractéristique et lorsqu'on soulevait le chancre entre les doigts

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il semblait que l’on soulevait une rondelle de carton enchassée dans l'épaisseur de la peau.

« Mais comment le chancre était-il survenu là ? Un court interrogatoire me fit bientôt apprendre que le 26 juillet, le malade étant un peu « lancé » s'était laissé séduire par les charmes d’une « dame » qui n'avait rien trouvé de mieux pour lui prouver son amour que de l’embrasser sur les par-

ties les plus diverses du corps y compris les pieds. Or, le

malade était atteint depuis quelques temps d’eczéma des pieds un peu crevassé (il en avait encore quand je l'ai examiné). Tout s’expliquait ainsi c'était « bouche à pieds » que s'était produite l'infection des crevasse, l'eczéma interdigital ayant favorisé l'infection du virus. (J'ai appris plus tard + que le sujet contaminant était affecté de nombreuses plaques muqueuses bucales). Un traitement hydragyrique fit disparaître la syphilis cutanée. En juin 1881, j'ai revu le

malade, qui portait encore des papules érosives au scrotum »

OBSERVATION VII, Halsund de Copenhague. D'après le compte-rendu de la séance du 3 avril 1905, de la « Société danoise de Dermatologie ».

Halsund présente un chauffeur grec Âgé de 27 ans, avec

. un chancre induré de la dimension d’une pièce de deux

marks, siègeant au-dessous de la malléole interne du pied droit. On ne peut obtenir de lui qu’un seul renseignement, — qu'il a été en Angleterre il y a quatre semaines; rien d'autre.

: OBSERVATION IX, communiquée par M. Hutchinson Jonatan, de Londres.

Un garçon souffrait d'une écorchure au talon, causée par sa botte. Les pansements de cette ulcération traumatique étaient faits, soit à l'hôpital, soit chez lui. Ainsi, il est difficile de décider par quelle voie ce garçon a été infecté En tout cas l'infection semble amenée par ies pansements.

Ïl a présenté un chancre développé « in situ » avec adéno- pathie inguinale et éruption secondaire.

Il a suivi un traitement mercuriel.

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