SECONDAIRE
3° C'est à des erreurs d'un autre ordre que peuvent donner lieu les chancres à forte induration, les chancres à induration diffuse, les chancres scléreux, etc. Pour ceux-ci, la confusion est surtout possible soit avec les tumeurs malignes de la langue, soit avec les glossites scléreuses tertiaires.
I. — L'erreur qui consiste à assimiler un chancre à Yèpithèlioma lingual a été commise plus d'une fois. Presque toujours, cela va sans dire, elle a été réparée à temps et réparée sons préjudice grâce à l'évolution ultérieure. Mais il est des cas où un empressement sans excuse a conduit à des interventions plus que regrettables. Pour ma seule part, j'ai dans ma clientèle un jeune homme qui, à propos d'un chancre lingual, a été amputé d'une bonne partie de la langue. Or, douze jours exactement après l'opération, le chirurgien stupéfait constatait une indéniable syphilide papuleuse, qui était loin de faire honneur à son diagnostic.
Ici donc devrait trouver place un long chapitre de diagnostic différentiel entre le chancre syphilitique et 1 epithélioma de la langue. Mais ce chapitre ne serait guère qu'une seconde édition de ce que j'ai eu l'occasion de vous dire à propos d'un diagnostic semblable
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entre l'épithélioma et le chancre des lèvres1. Je vous l'épargnerai, me bornant à vous renvoyer au précédent exposé de la question.
II. — Quant au diagnostic différentiel entre le chancre lingual et les glossites scléreuses de la période tertiaire, il ressortira facilement en général des quelques considérations suivantes qu'il suffira d'énoncer sommairement :
CHANCRE LINGUAL.
I. Jdénopathie constante, à ganglions souvent multiples, indolents, aphlegmasiques, et d'une dureté spéciale.
II. Lésion érosive ou ulcéreuse, sans marnelonnement, sans lobulations de la langue.
III. Lésion toujours circonscrite, de petite ou tout au plus de moyenne étendue.
IV. Lésion primitive, première en date; lésion prélude, constituant Yexorde même de la maladie.
GLOSSITE SCLEREUSE SPÉCIFIQUE.