‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 26 sur 132 · FRÉQUENCE. NOMBRE. SIÈGE · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE. NOMBRE. SIÈGE

Boeck est même allé jusqu'à le proclamer « le plus commun de tous les chancres extra-génitaux ». Et il en explique la fréquence dans son pays, la Norvège, « par le grand nombre de familles pauvres qui se servent des mêmes ustensiles d'alimentation, voire qui ne disposent que d'une cuiller pour toute une maisonnée ».

Rien d'étonnant du reste à la fréquence du chancre sur ce siège. Car la salive qui charrie le contage syphilitique est naturellement portée en arrière par les mouvements de déglutition; — et, de plus, elle rencontre au niveau des amvedales les conditions les mieux faites pour retenir ce contage, à savoir : irrégularités de surface, anfractuosités, nombreux cryptes béants avec arrière-cavités constituant de véritables « chambres de stagnation », muqueuse sujette à des inflammations variées, éminemment susceptibles d'altérer le revêtement épithélial et de favoriser ainsi les infections extérieures, etc., etc. On l'a dit avec toute raison, l'amygdale est une sorte de nid tout préparé pour les germinations microbiques.

Nombre. — Le chancre amygdalien est presque toujours unique. — Toutefois on a cité quelques cas de chancres bilatéraux. Duncan Bulkley, par exemple, a observé trois faits de ce genre.

Siège. — Situé sur l'amygdale même, il s'y étale le plus souvent sur toute la surface libre de cet organe, surface d'ailleurs extrêmement variable d'étendue suivant les sujets.

Le plus souvent il se circonscrit à l'aire de l'amygdale. Parfois cependant il la déborde, en empiétant soit sur le pilier antérieur, soit (ce qui semble plus rare) sur le pilier postérieur, soit encore, mais exceptionnellement, sur la base de la langue (cas de Hue).

CHANCRE DE L'AMYGDALE.

On a dit que l'amygdale droite était plus souvent affectée que la gauche (neuf fois contre trois, d'après Duncan Bulkley). Mes relevés produisent un résultat précisément inverse : quatorze cas pour l'amygdale gauche, contre douze cas pour l'amygdale droite. D'où il résulte qu'il n'est guère de prédominance marquée pour l'une ou l'autre amygdale.

Dans un cas (qui peut être curieux à citer, puisqu'il est unique à ma connaissance jusqu'à présent), j'ai vu très distinctement deux chancres presque juxtaposés, mais indépendants toutefois, occuper l'un la surface de l'amygdale, et l'autre un segment de cette même amygdale avec la portion attenante du pilier postérieur.

Etendue. — Comparable, comme moyenne usuelle, à une pièce de vingt ou de cinquante centimes.

Mais il est de plus petits chancres; ne mesurant guère plus de cinq à six millimètres en hauteur sur une largeur équivalente ou un peu moindre; — comme aussi, et plus souvent, il en est de plus amples, offrant par exemple deux à trois centimètres verticalement sur un centimètre à un centimètre et demi de diamètre transverse. — J'en ai même observé un beaucoup plus grand qui, sur une amygdale extrêmement hypertrophiée, atteignait bien trois centimètres et demi en hauteur, avec une largeur de plus d'un centimètre.

Configuration. — Le plus souvent ovalaire et représentant un ovale à grand axe vertical; — quelquefois arrondie; — quelquefois irrégulière, en raison des frontières indécises de l'amygdale; — susceptible en un mot de nombreuses variétés qui se moulent sur la forme de la loge amygdalienne.

Formes cliniques. — On a fait au chancre amygdalien une réputation très exagérée de polymorphisme* Sans

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