CHANCRES CÉPHALIQUES
I. — Si les chancres des régions céphaliques (face, bouche et cuir chevelu) présentent, comme je le disais à l'instant, un prodigieux excès de fréquence par rapport aux chancres de n'importe quel autre district tégumentaire, il est à cela de multiples et bonnes raisons, à savoir :
C'est, d'abord, — raison majeure — que la tête est par excellence la région où se porte le baiser, le baiser, merveilleux agent de contagion pour la syphilis, col porteur de contaminations multiples, et cela qu'il dérive de l'amour ou de l'amitié ;
C'est, en second lieu, que la tête est non moins exposée à des contaminations professionnelles de divers genres, comme nous le verrons dans ce qui va suivre;
Puis, encore, c'est qu'elle se présente à découvert, à nu, conséquemment non protégée contre certains contacts, à l'inverse de tant d'autres départements cutanés;
Puis, enfin, c'est qu'elle offre trois muqueuses, à savoir trois foyers de moindre résistance par rapport à la pénétration du contage spécifique; etc., etc.
II. — Mais tous les départements qui composent la. région céphalique ne sont pas également sujets à subir la contamination . Cela était plus que facile à préjuger
théoriquement; or, cette prévision est confirmée par la clinique.
Tout naturellement, au point de vue qui nous occupe, la région de la tête peut être divisée en trois districts, à savoir : la bouche, la face et le cuir chevelu.
Or, voici ce que nous apprend la slatistique comme proportion de fréquence relative du chancre sur les trois districts en question :
i Lèvres 328
Langue 53
Amygdale 4°
Gencives g
Palais, voile, piliers. 4
Muqueuse des joues. 1
i Menton Joues. , Œil . .
Nez .
Front .