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I. V. Gazelle médic. île Paris, i

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ment qu'être imputés par voie d'exclusion à la contagion médiate.

Seulement, ici, il ne faut pas vouloir L'impossible, c'est-à-dire exiger qu'une contagion médiate se produise toujours avec son certificat d'origine. Et, en effet, pour la grande majorité des cas, on ne fait guère que constater une contagion de cet ordre sans pouvoir remonter à son origine, sans pouvoir établir une démonstration péremptoire sur la source d'où elle procède. Des présomptions résultant du rapprochement de diverses circonstances, et des présomptions renforcées par l'absence de toute autre cause de contamination, voilà seulement ce que la clinique peut fournir en pareille matière. Lui demander plus, réclamer d'elle, par exemple, la reconstitution de la scène qui a déposé le contage là où le contagionné est venu le prendre, c'esl la mettre en demeure de produire un témoignage qui, par la nature même des choses, lui fait presque nécessairement défaut.

Je m'explique, en prenant pour exemple un cas de contagion médiate hospitalière que nous avons observé ici-même ces dernières années.

Un malade entre dans nos salles pour un large eczéma symétrique des avant-bras et des mains. On le traite tout d'abord par des enveloppements à la toile de caoutchouc, puis, dans un stade ultérieur, par des poudres sèches, etc. L'affection suit son cours usuel, sans rien présenter de spécial. Six semaines plus tard, se trouvant presque guéri, le malade réclame son exeat et nous quitte, cela un peu malgré nous. A cette époque, en effet, venaient de se produire sur le territoire de l'ancien eczéma deux petites érosions, une au niveau de chaque coude, (les érosions, je confesse humblement

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que, sans y prêter grande attention, je les pris pour de simples îlots eczémateux en voie de recrudescence; vous allez voir ce qu'elles étaient en réalité.

Six semaines plus tard, le malade revient nous trouver, cette fols en pleine éruption de syphilis secondaire (roséole, bientôt suivie de plaques muqueuses, d'adénopathies, etc.). Étonnés, nous recherchons l'origine de cette syphilis, et nous ne la trouvons nulle part, du moins nulle part ailleurs que sur les coudes où les deux érosions susdites étaient devenues des chancres typiques, chancres doublés d'une induration bien manifeste et flanqués dans chaque aisselle de leur bubon satellite.

Alors nous ouvrons une enquête sur ces deux chancres de si singulière localisation. Très certainement, d'abord, la contagion s'est produite à l'hôpital, puisque nous avons vu naître ces deux chancres alors que le malade était dans nos salles depuis sept semaines. Mais comment la contagion a-t-elle pu se porter là, et de quelles causes a-t-elie pu dériver? Pas de contagion vénérienne cà invoquer, étant donné le siège des accidents. Pas de contagion indirecte à suspecter par le fait de nos doigts, étant donnés les soins d'antisepsie qui sont d'observation rigoureuse dans nos services. Rien autre à supposer qu'une contagion médiate, mais de quelle provenance? Bref, après avoir épuisé une foule d'hypothèses dont je vous fais grâce, nous avons fini par aboutir à ceci : ou bien le malade s'est inoculé par ses placards de caoutchouc qu'il faisait imprudemment sécher sur le poêle de la salle, lequel aura pu être accidentellement souillé par quelque pansement, quelque linge, quelque instrument; — ou bien, ce qui s'accorderait mieux avec l'exacte symétrie des lésions, il s'est inocule'- en s'accoudant, les bras nus, sur une table, sur

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une table de nuit, sur un poêle, elc. On conçoit, en effet, que de telles contagions ne soient pas impossibles, en dépit de tous les soins et de toute la surveillance de nos dignes Religieuses, dans un service où surabondent non seulement des syphilitiques à suppurations dangereuses, mais des sujets ignorants, insouciants, voire dédaigneux de toute propreté, de toute hygiène.

Or, pour en revenir à notre point de départ, voilà un cas où toutes les conditions se trouvent réunies pour donner la quasi-certitude d'une contagion médiate. Mais, enfin, pouvons-nous la démontrer, cette contagion médiate? Pouvons-nous dire d'où elle est partie, quel intermédiaire a servi de réceptacle au contage, et quelle voie a suivie ce contage pour parvenir jusqu'aux téguments de notre malade? Non, bien manifestement. Tout cela reste dans l'ombre, et nous sommes impuissants, sur toute cette partie du complexe problème en question, à faire la preuve de ce qui s'est produit, de ce qui n'a pu manquer de se produire.

Eh bien, soit dit à l'avance, il en est de même pour la très grande majorité des contagions médiates dont nous allons parler. Et cependant les contagions de ce genre n'en sont pas moins authentiques et irrécusables. Cliniquement, elles s'imposent; et, d'ailleurs, en bonne logique, l'impossibilité de démontrer un fait n'exclut en rien ce fait.

Cela posé, rentrons dans le domaine de la clinique, et voyons quels intermédiaires peuvent servir ici d'agents à la contagion médiate.

Sur ce point, nul embarras. Et, en effet, tout intermédiaire, quel qu'il soit, est susceptible de transmettre la contagion. Qu'il soit ceci ou cela, un linge, une

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pièce de pansement, un vêtement, un métal, une planche, un siège de latrines, un instrument de chirurgie, un crayon de nitrate d'argent, un gant à frictions, etc., etc., en l'espèce peu importe. Cet intermédiaire peut être quelconque, à la double condition d'avoir reçu le contage en dépôt et d'être mis plus tard en rapport avec les téguments.

Aussi bien, après vous avoir cité — comme je vais essayer de le faire — tous les agents qui, dans les faits connus jusqu'à ce jour, ont servi d'intermédiaires à la contagion médiate, serai-je bien certain de n'en avoir pas épuisé la liste. Car tel ou tel, auquel je n'aurai même pas songé, pourra bien demain transmettre une contamination d'ordre jusqu'alors ignoré. Je précise par un exemple.

Je n'ai pas observé jusqu'à présent un seul cas de contamination par le plancher de nos salles d'hôpital. Eh bien, je gage que vous ou moi observerons quelque jour une contamination de ce genre, étant donnée la déplorable habitude qu'ont nos malades (quoi que nous puissions dire et faire) de marcher pieds nus dans nos salles, dont le plancher n'est que trop souvent souillé par la chute de linges, de pansements, de compresses sales, de liquides sales, de crachats, voire quelquefois par du pus en nature.

Et de même pour d'autres exemples que j'aurais pu tout aussi bien choisir.

Cependant, et cela d'une façon toute naturelle, il est tels intermédiaires qui plus souvent que d'autres servent d'agents à la contagion médiate. Citons surtout les suivants :

i° Linge de corps, c'est-à-dire ensemble des vêtements qui sont en rapport direct avec la peau: che-

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mises, caleçons, pantalons de femmes, corsages de femmes, etc. — Exemples :

Un cas de Barbantini est relatif à une petite fille qui fut infectée par la chemise de sa mère.

Un cas de Dzondi concerne une femme de quatrevingts ans (on n'est plus guère suspect à cet âge), qui prit un chancre de l'aine pour s'être servie des « vêtements de dessous » d'une femme syphilitique.

Une observation de Taylor se résume en ceci : Deux femmes, qui faisaient chambre commune, changèrent de pantalon par mégarde. L'une, qui était syphilitique, se trouvait affectée à ce moment d'ulcérations spécifiques sur les cuisses. L'autre, qui était saine, contracta un chancre de la face interne d'une cuisse.

2° Vêtements d'occasion, vêtements d'emprunt. — De vieux pantalons, souillés par leurs premiers propriétaires, ont transmis plus d'une fois la syphilis, assuret-on, et cela par des inoculations portant non pas seulement sur les parties génitales1 (qui ne sont pas en cause pour l'instant), mais aussi sur les fesses, les cuisses et les jambes. Quoi d'étonnant à cela, alors que chaque jour de nombreux malades nous présentent, non pansée et ballante dans leur pantalon, leur verge affectée de lésions syphilitiques en pleine suppuration?

En ce moment vous pouvez voir dans le service une jeune femme qui est affectée d'un chancre syphilitique indéniable sur la région de Xcpaule, au niveau de l'acromion. Comment a-t-elle contracté ce chancre? Très vraisemblahlement elle le tient d'une robe qu'elle avait prêtée à une de ses amies affectée de syphilis et criblée de syphilides pustulo-crustacées, notamment au niveau

i. Observations de Clerc et de Bondct, par exemple.

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de la partie supérieure du tronc. Cette robe, elle l'a reprise pour son compte, alors que son amie l'avait portée six semaines, et c'est un mois plus tard environ qu'elle a vu poindre sur son épaule un « bouton croûteux » qui est devenu le chancre actuel.

3° Tous objets de literie : draps, oreillers, couvertures, etc.

Il est actuellement de notoriété commune que, pour certaines affections auto-inoculables (telles que le chancre simple, le favus, la gale, l'impétigo contagiosa, etc., etc.), les draps de lit sont des agents de dissémination et de propagation d'un point du corps à un autre. De cela vous venez d'avoir sous les yeux un exemple des plus probants qu'il me suffira de vous rappeler en quelques mots. Un malade entre dans nos salles pour des chancres simples multiples de la verge et un bubon chancreux. Quelques semaines plus tard, nous le trouvons affecté de deux nouveaux chancres simples siégeant sur l'un des jarrets, chancres simples typiques, qui d'ailleurs ont été auto-inoculés avec résultat positif. Or, enquête faite, ces chancres du jarret ne pouvaient manifestement reconnaître comme origine qu'une inoculation transportée là par les draps, lesquels (comme confirmation) étaient absolument sales et cribles de macules purulentes1.

Or, s'il en est ainsi, pourquoi le contage syphilitique ne serait-il pas susceptible, lui aussi, d'être transporté de la même façon par des objets de literie? Rien d'étonnant, donc, à ce qu'il puisse être transmis à un sujet sain par des draps souillés de pus syphilitique.

i. De même, une très belle pièce déposée au Musée de Saint-Louis par mon savanl collègue et ami le Dr Hallopeau (n° 1026, Collect. génér.) montre une série conflucnte de chancres simples accidentellement inoculés à la jambe, sur une surface eczémateuse.

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Plusieurs cas de ce genre, en effet, ont été déjà observés.

Ainsi, nous avons eu dans nos salles, il y a quelques années, une vieille femme de soixante-dix ans affectée d'un chancre syphilitique de la région moyenne et externe de la jambe. D'où lui venait ce chancre? Elle ne s'était exposée depuis plus de vingt ans, affirmaitelle, à aucun risque de contagion vénérienne, et d'ailleurs son âge, sa caducité et sa laideur offraient à ce point de vue de suffisantes garanties. Misérable, logeant dans des bouges de dernier ordre, où les draps, racontait-elle, « n'étaient jamais changés », elle n'avait pu guère gagner son mal qu'au contact d'un lit malpropre.

M. le Dr Gastou a présenté à la Société de dermatologie un « chancre géant de l'abdomen », qui, sans doute, relevait d'une cause identique, opinion qui du reste n'a rencontré de contradiction de la part d'aucun membre de notre Société. Le malade affecté de ce chancre affirmait n'avoir eu « aucun rapport depuis dix ans ». Lui aussi était un misérable, réduit à coucher dans des hôtels infects, où les « draps de lit étaient sordides et noirs ». En outre, il était criblé d'une phthiriase confluenle, dont les multiples éraillures constituaient autant de portes ouvertes à la contagion1.

A fortiori, le lit commun, le coucher en commun réalise-t-il des dangers supérieurs encore. « Il n'est pas rare, dit le Dr Jullien, de voir des enfants s'infecter pics de leurs parents, lorsque la misère rassemble dans un môme lit plusieurs membres d'une même famille. » De même aussi des enfants se sont-ils infectés en venant jouer le malin dans le lit de leurs parents.

i. V. Annales de dcrmat.ei de sj'ph.t i8y3, p. i3o8.

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