ETI0L0G1E. GREFFES. CONTAGION MEDIATE. 3QJ
guérir, on résolut d'en activer la cicatrisation par la méthode des greffes épidermiques. Cette opération faite, tout marchait pour le mieux, lorsqu'un mois après l'application des premières greffes on vit se produire, au sein de tissus en pleine réparation, une ulcération nouvelle, étrange d'aspect, creusée en godet, extensive, progressive, etc. Bref, cette plaie singulière n'était rien autre qu'un chancre, un chancre syphilitique, qui fut suivi, à normale échéance, d'une explosion secondaire irrécusable, sous forme de roséole et de plaques muqueuses. Alors on ouvrit une enquête, et l'on découvrit que le fils du malade, à la peau duquel plusieurs greffes avaient été empruntées, se trouvait, à celte époque même, en pleine syphilis secondaire1.
Qu'y a-t-il donc de contagieux dans une greffe? Le contage est-il transmis par le sang ou bien par les éléments organiques de transplantation? Cela, nous l'ignorons encore. Mais n'importe pour la pratique. Pour nous, praticiens, l'essentiel est de savoir qu'une greffe empruntée à un sujet syphilitique peut transmettre la syphilis et de nous souvenir du fait à l'occasion.
III. Contagion médiate. — Il est certain — et cela ressortira pour vous, je l'espère, de ce qui va suivre — que la contagion médiate prend une large place dans l'ctiologie des chancres qui nous occupent pour l'instant. Nombreux, très nombreux, en effet, sont les cas où des chancres du tronc ou des membres, ne trouvant leur raison d'être ni dans la contagion directe, ni dans la contagion indirecte, ne peuvent rationnelle-