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OBSERVATION XXXIV

(M. L. Ssibut. Annales e Der malologie, 1898).

Marie-Louise M..., âgée de 16 ans, exerce la profession de modèle pour artistes; elle a été déflorée à 15 ans 1/2 et avoue à son entrée dans le service 24 janvier 898, faire la noce depuis deux mois. Arrêtée , elle estexaminée au Dis-

pensaire de la préfecture de police qui la dirige sur Saint-

M IEG

Lazare avec le diagnostic, d’ulcérations suspectes du col. Tout le museau de tanche n’est qu’un chancre, le cul-desac latéral gauche en contient deux autres, enfin deux ulcères de même nature s’observent sur la face postérieure du vagin, dans sa partie supérieure. On trouve dans les aînes de légers ganglions, sans importance d’ailleurs, car celte femme très sale a les membres inférieurs couverts d’écorchures, d’égratignures, de porte d’entrées multiples. Cette fille est pansée avec de la boue de salol. Mais craintive, mal conseillée, elle retire fort souvent ses tampons si bien que le 16 janvier 1898 apparaît un nouveau chancre mou à l’anneau vulvaire. Huit jours plus tard éclosion d’un chancre périnéal.

Poussée par une inquiétude naturelle cette fille portait constamment ses mains à ses organes génitaux et sachant son mal profond, tentait de parvenir jusqu’à lui en enfonçant son index profondément dans le vagin. Aussi une ino- ‘culation spécifique Le tarda-t-elle pas à se faire au niveau d’une égratignure siégeant à la face dorsale de l'index gauche, à la hauteur de la deuxième phalange.

Huit jours environ après l’entrée de la malade dans le service du Dr Jullien, apparut, à son dire un petit bouton sur son doigt. Démangeaison, grattage, excoriation, ulcération. L’ulcère ainsi formé se creusa de plus en plus pendant un septenaire environ, sans douleur, accompagné d’une inflammation vive du doigt, puis peu à peu sa virulence s’atténua et le processus c'catriciel commença. Il est actuellement à peu près terminé. C’est une guérison spontanée.

Une semaine s'était écoulée depuis la première inoculation digitale quand une inoculation semblable se fitau médius de

la main opposée sur un point identiquement symétrique. Inter-

Pom le — rogée, la malade ignore la lésion banale qui a servi de porte d'entrée au micro-organisme. Bien entendu elle céla plus que jamais ses accidents, ne se déterminant à se confier à nous, la semaine dernière seulement, que grâce à quelques vagues douleurs qui l’effrayèrent heureusement.

Actuellement, à la main gauche on voit une tache violet sombre occupant toute la partie supérieure du dos de la deuxième phalange de l’index, la coloration de cette lésion s’atténue progressivement de la périphène au centre.

Un cercle de desquamation épidermique irrégulière la festonne. Au centre siège une légère croûte Jaunâtre environnée d’un second cercle de desquamaiion épidermique semblable au premier, mais moins important.

Au point correspondant du médius de la main droite s’étale une large tache rouge vif, enflammée, s’élevant progressivement de la périphérie au cratère central.

Celui-ci, dont les bords sont à pic, et largement décollés, a un fond jaune sale, velvétique, tomenteux, saignant facilement. A la pression on voit de dessous les bords de lulcère sourdre un pus jaune très fluide. La lésion est tout entière bor lée d’un large feston desquama‘if. La consistance générale est franchement molle.

Il n’y a sur le dos de la main ni lymphangite, ni rouyeur, ni æœdème. L’aisselle gauche est absolument libre ; la droite, au contraire, contient un énorme ganglion mobile et douloureux. Toutefois la mala le, sans une lérère sensation de gêne ignorerait cette complication.

Jamais ces ulcères digitaux ne Pont fait souffrir ; elle ne

consulta qu'effrayée par les douleurs fazaces parcourant le

dos de la main droites

ace

Le pus recueilli sous les bords du chancre droit nous a

montré au microscope le bacille de Ducrey parfaitement ca-

ractéristique.

Considérations cliniques.

Une description générale du chancre mou des doigts nous paraît impossible. En effet, il simule des affections étranges.

Quelquefois il se présente avec des caractères qui de suite attirent l’attention et font soupçonner sa véritable nature, à condition que le malade porte en même temps des ulcérations chancreuses aux organes génitaux.

D’autres fois la lésion digitale est loin d’être aussi caractéristique, elle n’a pas les caractères d’un chancre ; elle ressemble à une plaie infectée simple, à une brûlure superficielle, au panaris, fréquemmentelle a l’aspect d’une tourniole.

Le chancre mou des doigts détermine souvent des adénites, qui aboutissent quelquefois à la suppuration, 8 fois dans les observations publiées par Grolean et que nous ne reproduisons pas.

Enfin le chancre mou est plus douloureux au doigt qu'aux organes génitaux, les cas publiés par Nové-Josserand sont là pour faire foi.

Comme conclusions.

Le chancre mou des doigts a souvent un aspect étrange, il est souvent compliqué d’adénite et il est douloureux.

Diagnostie. — Il est difficile, surtout quand il n’y a

pas concordance avec un chancre génital.

EC

Le point capital pour le clinicien sera de penser tout d’abord au chancre mou, et de le prouver ensuite.

Pour cela deux méthodes, l’inoculation sur le malade lui-même, et enfin et surtout la recherche du bacille de Ducrey, dans des cas difficiles, diagnostic assuré par

l’examen bactériologique et l’auto-inoculation,

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