OBSERVATION XXXIII
(Balzer et Alquier. Société de Dermatologie, juillet 1900).
E. H.., âgé de 15 ans, cordonnier, atteint de blennorrhagie il y a un an, présente aujourd’hui une couronne de six chancres mous autour du prépuce datant de 8 semaines. Pas de bubon.
Il ya une huitaine de jours, le malade s’est écorché Le doigt. Dès le lendemain, vive inflammation avec tuméfaction du doigt. Le malade applique une pommade et des cataplasmes de farine de lin.
Actuellement, ulcération profonde, siégeant à la face dor- | sale de la 1'° articulation interphalangienne du medius droit. L'épiderme est soulevé, et forme autour de l’ulcère, une
grande phlyctène de la grosseur d’une pièce de un franc.
On enlève cet épiderme épaissi et mortifié sous lequel se trouve une assez grande quantité de pus.
On découvre alors l’ulcération qui a une forme assez régulièrement triangulaire, de près d’un centimètre de côté avec des bords nettement taillés à pic et décollés.
Un premier examen fait il y a deux jours au moment où pour la première fois le malade s’est présenté à la consultation décèle le bacille de Ducrey en abondance sous les bords
décollés du chancre,
Renouvelé depuis, cet examen a donné le même résultat.
Ce malade que nous avons vu à lhôpital Saint-Louis dans le service de M. Balzer présentait une simple plaie du doigt et sans grande physionomie, et la présence du bacille vint seule trancher le diagnostic ; sans cela il eût été impossible de porter un jugement; de ce manque de caractère précis résulte comme nous l’avons déjà affirmé, une cause fréquente d’erreurs, etil est probable qu'il existe plus de chancres simples des doigts qu’on ne le
pense, et que fréquemment ils sont méconnus.