‹ Les Changes et les ExportationsChapitre 26 sur 29 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Il ne semble pas douteux que la dépréciation du change a une action excitatrice des exportations. Cette influence, qui dérive, nous l’avons montré, de la nature même des choses, est mise en relief par les comparaisons d’ensemble des graphiques et par l'étude particulière à cet égard de la France et de l'Allemagne.

En France, après 1920, la chute sérieuse et généralement continue du france a cuntribué au relèvement du commerce extérieur.

En Allemagne (où, nous l’avons vu, la balance commerciale a été, en réalité, active, au cours des dernières années) la chute catastrophique du mark a provoqué le développement des exportations.

Mais, s'il est vrai que la dépréciation de la monnaie nationale agit comme prime à l'exportation, cette dépréciation n’est que l’un des facteurs du commerce extérieur; elle se combine, notamment, avec les besoins de la consommation du pays considéré, avec l’activité plus ou moins grande de la production et toutes circonstances qui peuvent pousser à l'accroissement des importations. Le commerce extérieur agit d’ailleurs lui-même, réciproquement, sur le change.

Ainsi s'explique que le change n'ait qu'une influence globale sur les exportations, et qu'on ne puisse, étant

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données la complexité des facteurs du commerce extérieur et l'incertitude des délais de manifestation des actions envisagées et parfois réciproques, tirer des conclusions rigoureusement scientifiques d’une comparaison suivie des statistiques et des courbes.

Ainsi s'explique encore que l’action du change sur les exportations soit neutralisée parfois et, en quelque sorte, noyée dans le flot des faits économiques. Le cas de la Tchéco-Slovaquie, où la balance du commerce extérieur a été constamment favorable, soit durant la baisse, soit durant la hausse du change, n’infirme donc pas l'existence de l’action dont il s’agit.

Cette dernière n’est pas niable, mais on ne peut l’isoler suffisamment du mécanisme économique pour la mesurer en termes mathématiques.

La théorie de l’équilibre automatique ne doit être ni acceptée, ni rejetée en bloc.

Qu'il existe une influence régulatrice du change sur la balance des comptes, et réciproquement, c’est ce qui ne peut être mis en doute. Mais cette tendance à l'équilibre ne saurait être considérée comme existant d’une manière absolue. Il est possible d’enfermer en quelques brèves considérations la critique de la conception rappelée.

Les variations du change ne dépassent-elles pas les limites des gold-points? Alors elles n’ont pas assez d’ampleur pour agir d'une manière appréciable sur les transactions commerciales courantes et elles ne peuvent provoquer le redressement de la balance des comptes que dans la mesure où elles donnent lieu, soit à des arbitrages sur marchandises en bourse ou sur valeurs mobilières, soit à des dépôts temporaires de capitaux.

Les variations du change dépassent-elles les limites des gold-points? Leur action sur la balance commerciale est alors beaucoup plus appréciable. Mais cette action a des limites qu'il est possible de marquer d’une manière générale.

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