‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 125 sur 245 · LA DERNIÈRE FÉE · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE FÉE

Musique de : Le tailleur et la fee u'^'-i» 610).

Près du rivage où le druide austère,

Chez les Bretons, ensevelit ses dieux,

Au vieux curé qui bêche son parterre

Vient d'apparaître un messager des cieax,

C'est un ange. Oui : l'auréole, les ailes,

Tout le lui prouve. Il se signe, et soudain,

Malgré la brume, il voit dans son jardin

Oiseaux s'ébattre et fleurs briller plus belles.

Sous un ciel sombre et les vents et les flots)

ÏBis Poussent au loin de funèbres sanglots. '

Parmi ses fleurs l'ange aussitôt moissonne. Ah! dit le prêtre, il veut parer nos saints. L'ange sourit : — Pour mettre une couronne Sur un tombeau, je te fais ces larcins, Dit-il; entends des plaintes étouflfées Traverser l'air; vois ce ciel triste et noir. Dans l'anse où croule un noble et vieux manoir, Vient de mourir la dernière des fées.

Sous un ciel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de funèbres sanglots.

LK l'RKTRE.

Comment! chez, nous, encore un pareil être !

l'.\nc;e.

Certes; bien loin des savants, des penseurs, Sous le dolmen qui jadis la vit naître, Dieu lui permit de survivre à ses sœurs. Croire à ses dons tenait lieu d'abondance; I)ii('Ui-eu.\ eiliirts naissaient de vn^ux ardents ; Même îi sauver vos pêcheurs imprudents La bonne fée aidait la Providence.

Sous un ('iel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de funèbres sanglots.

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