CHANSON IDYLLE
D'où naissent mes lourments? Dieu veul-il que
Ijo nuHirc A (| Il iii/.e ans, grau JouL bu Ile, en du vagues ennuis? Je dors sans reposer ; je m'éveille et je pleure ; Mon front révèle au jour le trouble do mes nuits.
Au lieu du long sommeil si paisible à mon âge, J'ai des songes confus où je nie sens brûler. Ils sont en vain pour moi d'un funeste jiresago : Je n'y puis rien comprendre et je n'ose eu parler.
LES CIIAXSOXS DE BÉRAXGER
J'ai perdu cet éclat dont s'enivrait ma mère, Qui n'a que ses baisers pour calmer ma douleur. Mais pourquoi les vieillards me plaindre avec
[mystère?
Pourquoi les jeunes gens rire de ma pâleur?
Je rêve, et nul objet n'occupe ma pensée; Toujours quelque frayeur sur mes sens vient agir, Le coupable a-t-il donc l'àme plus oppressée ? Un coup d'œil m'embarrasse, un mot me fait
[rougir.
A l'église où je cours, ma main souvent oublie L'eau qui peut de l'enfer conjurer les desseins; Mêlée aux voix du chœur, mavoixmeurtafl'aiblie, Et j'êcouteenpleuranlchantorles hymnes saints,
Bien que dans ses apprêts la parure me pèse, Suisje parée enfin, je voudrais l'être mieux ; Et je sens que mon cœur a besoin que je plaise ; Sans trouver doux pourtant de plaire à tous les
[yeux.
Pour mes oiseaux chéris je n'ai plus de caresses; Je néglige mes fleurs, je repousse mon chien. Verrais-je ainsi flnir mes premières tendresses? Dieu m'a-l-il condamnée à ne plus aimer rien ?
Mais voici l'étranger dont la voix est si tendre. Hier, sous la feuillée, il a suivi mes pas. Seul, il chante et soupire. Approchons pour en-
[tendre Si du mal que j'éprouve il ne se plaindrait pas.
LES CHANSONS DE BÉhANGEll