A MES AMIS
Musique de : Les Romanes (page 378).
Dix-neuf août ! Dieu ! quelle date !
Mes chers amis, à jour pareil, Je vins sur notre terre ingrate.
Traîner cinq pieds d'ombre au soleil.
Voyant, à l'heure d'apparaître, Mon bon ange saisi d'elTroi, Je fis bien des faijons pour naître.
Mes amis, pardonnez-le moi {/iis.)
Mon ange me prête main forte;
Mais un docteur aux bras de fer (1)
De mon gîte forçant la porte,
Je sors comme on enlre en enfer,
Pour moi quels tourments vont donc suivre
L'épreuve où je viens d'être mis?
Je crains déjà de longtemps vivre.
Pardonne/.-le-moi, mes amis.
Mon bon ange alors me révèle L'avenir qui m'est réservé ; Comme un pauvre joueur de vielle, Je chante en battant le pavé.
Mon indigence est poursuivie, On m'emprisonne au nom du roi.
J'hésite à mener cette vie.
Mes amis, pardonnez-le-moi.
Mon bon ange m'annonce encore Pour mon pays de longs combats Une liberté dont l'aurore Se fond en brumes et frimas.
Un siècle naît, qui rien ne fonde, l..a gloire y tombe en désarroi.
Oh ! que j'ai regret d'être au monde ! Mes amis, pardonne/.-le-moi.
Mais en riant j'aurais dà naître, Si mon bon ange eût dit d'abord :
L'amitié viendra sur ton être Verser l'oubli des maux du sort.
Moi dont elle a séché les larmes, Moi qu'à son culte elle a commis, J';uirais di'j pressentir ses charmes, Pardonne/.-le-moi, mes amis.
(I) Ma mère soutTrit pendant plusieurs jours avant de nir mettro au niondo, et nt^ put l'iri^ dtMivrét» ijue par lo forceps, qu'on n'employait alors que dans les cas extrêmes.