LA. LEÇON D'HISTOIRE
Musique de : Les Étoiles qui (ilent (page 266).
Le grand caplif à SaLate-Hélène, Soullraiit, promenait son ennui.
Un enfant, de tleurs la main pleine, Pour le fêter court après lui.
Napoléon s'assied, l'embrasse :
— Viens, lui dil-il en soupirant ; Le mien sans doute a même grâce.
Viens sur mon cœur, fils de Bertrand.
Mon fils, que le fait-on apprendre?
— Sire, l'histoire ; et, ce matin, Mon père en français m'a fait rendre Sur Rome un passage latin.
— Et notre histoire, on l'abandonne !
Si grands qu'aient été nos aînés,
La Francp, enfant, vaut bien qu'on donue Son lait de mère aux nouveau-nés.
— Oh! sire, je sais notre histoire.
J'ai lu les Gaulois nos aïeux;
Les Francs, Clovis et la victoire Qui lui fit abjurer ses dieux.
Avant qu'il eût fondé le trône, Combien j'adinin^, en ces temps-là, (-ienevière qui fait l'aumône Et sauve Paris d'Allila.
J'ai kl les Sarrasins d'Espagne, Que Martel remplit de len-eur; Les conquêtes de Charlemagne, Salué dans Rome empereur ; Philippe-Augusle et les croisades, Et (le fers saint Louis chargé :
Héros qui soi;;ne les malades, Uoi (jui pleure avec l'aflligé.
— Mon fils, c'est le plus honnête homme Qui d'un peuple ait dicté les lois.
Nomme à présent nos guerriers, nomme Les plus fameux par leurs exploits.
— Bayard, Condé, Guesclin, Turenne, Sire; mais, ce qui doit loucher, C'est Jeanne d'Arc, lorsqu'on la traine Pour mourir au feu d'un bûcher.
— Ah ! mon enfant, ce nom réveille Le plus beau souvenir français.
De son sexe elle est la merveille Dans les combats, dans son procès !
D'un ange éblouissant mirage, Jeanne, échauffant tout de sa foi, Fille du peuple, a fait l'ouvrage Où succombaient nobles et roi.
Née aux champs, d'art el de science Un rayon d'en haut lui tint lieu; Oui, puisqu'elle a sauvé la France, Sa mission venait de Dieu.
Faut-il une pure victime .\u salut des peuples soutrranls, Dieu, pour ce dévouement sublime.
Choisit une ùme aux derniers rangs.
Honte et malheur à qui t'outrage, Vierge, sœur des plus grands héros I Que le ciel cbàlie en noire âge Les Anglais, tes lâches bourre uix !
De leur orgueil ils vont descendre, Et le Dieu dont lu voix l'arma l'our leurs fronls a gardé la cendre Du bûcher qui le consuma.
LES CHANSONS DE DÉRANGER
Alors, oubliant qui l'écoulé, Il s'écrie : — Anglais inhumains, Comme elle, ici, bientôt sans doute, Je sortirai mort de vos mains.
Mais, pour braver vos sentinelles.
Pour fuir vos brutales clameurs, Jeanne au bûcher trouva des ailes, Et moi, depuis cinq ans je meurs !
L'enfant, à ces mots, fond en larmes;
Le vieux soldat s'en attendrit.
— Près de nos geôliers sous les armes,
Vois ton père qui te sourit.
Cours le chercher; ma force expire;
Cours: c'est son bras qu'ici j'attends.
Hélas 1 sans me voir lui sourire.
Mon fils pleurera bien longtemps.
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ans . si pour souf.^Plr?