‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 152 sur 245 · LES VIOLETTES · texte numérisé non relu

LES VIOLETTES

Hélas ! violettes charmantes,

Vous vous hâtez trop de llciirir.

Au soleil ces neiges fumantes,

Le verglas peut les recouvrir ;

Mars nous garde encor des tourmente

Naissez-vous aussi pour souffrir? \

— Bénis le ciel qui nous ordonne D'cclore en dépit des glaçons.

La pauvre Laure, enfant si honne.

Va nous ciiercher dans ces buissons :

A souhait pour qu'elle y moissonne, En grelollant uous lleurissous.

liis

— Douces fleurs, quelle est cette lillei

— Une orpheline qui nourrit Ceux qui se sont faits sa famille, Vend des fleurs quand le ciel sourit, Lasse la quenouille et l'aiguille,

Ou glane aux champs que Dieu mih'it.

Ce matin, dès la pâle aurore,

L'n ange a passé par ici.

Il a dit : Enrichissez Laure;

Le pain manque, et Laure eu souci

Va venir ; hàtez-vous d'éclore.

L'ange a dit vrai, car la voici.

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