‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 164 sur 245 · MON ANNIVERSAIRE DE · texte numérisé non relu

MON ANNIVERSAIRE DE

Musique de : Mon dme (page 365).

Sur ce globe, la lourse humaine Ne dure, hélas l.'que peu d'inslaaits.

Le postillon qui tous nous mène.

Je le connais trop, c'est le Temps. (Bis.) V.n char pompeux aussi bien qu'en cliarrette. Il nous emporte à nous l'aire crier :

— Vieux postillon, arrête, arrête, ;i"rète ! IJuvons ici le vin de l'étrier.

11 est sourd, ne fait nulle pause,

Sangle tout de son fouet puissant.

Se rit des effrois qu'il nous cause.

Et n'y met fin qu'en nous versant.

Je crains par lui qu'un joui' notre planète N'aille en éclats croupir dans un bourbier.

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête ! Buvons ici le vin de l'étrier.

Les sots et les fous en grand nombre

Nous jettent la pierre en chemin.

Fuyons-les donc ; mais quel encombre !

Ils seront plus nombreux demain.

Sais-je d'ailleurs ce que demain m'apprête ! Podagre ou pair si j'allais m'éveiller !

— N'ieux postillon, arrête, arrête, .-irrê'te! Buvons ici le vin de l'étrier.

Bis.

Kn des jours de mélancolie

Un semble au but vouloir courir;

Mais un rien nous réconcilie

Avec la frayeur de mourir.

C'est une Heur, c'est une chansonnette.

C'est un souris qui vient nous égayer.

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête ! Bavons ici le vin de l'étrier.

La poste soixante et troisième

Me fournit des relais nouveaux.

Le postillon, toujours le même.

Ménagera-t-il les chevaux ?

.Amis, d'un mont moi qui descends la crête, Pour vous attendre, ah ! je veux enrayer.

— Vieux postillon, arrête, arrête, arrête ! Buvons ici le vin de l'étrier.

Oui, fêtons mou anniversaire.

Réveil de souvenirs constants.

Puisse une amitié si sincère

Briser les éperons du Temps '■ Four ramener la joie en ma retraite.

Vingt fois encor venez vous écrier :

- Vieux postillon, arrête, arrête, arrête ! Buvons ici le vin de l'étrier.

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