‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 165 sur 245 · A PROPOS DE5LA DÉPKÉCIATION DE CE METAL · texte numérisé non relu

A PROPOS DE5LA DÉPKÉCIATION DE CE METAL

Musique de : Ma Nourrice 'paeeSSÔ).

Siècle qui cours sur des débris, Toi qui des rois creuses l'abîme.

Siècle qui prends tout à mépris.

Quoi ! For tombe aussi ta victime !

Chaque heure en abaisse le taux :

C"en est fait du roi des métaux.

L'or, l'or est pour rien. /

Vous en aurez, hnnimes de bien. '

Du désert aux Russes fatal (1), Surtout de la Californie, Déborde à grands flots ce métal Sur le vieux monde à l'agonie, l'n tel déluge met, hélas !

A l'aumône tous nos Midas.

L'or, l'or est pour rien ; Vous en aurez, hommes de bien.

Que d'avares se sont pendus !

Que d'orfèvres meurent de crainte !

Vite aux lingots qu'elle a fondus La Monnaie en vain met l'empreinte.

On verra, si nous en créons, A deux sous les napoléons.

L'or, l'or est pour rien ; Vous en aurez, hommes de bien.

Piiilosophe, à tort tu prétends Qu'il a mérité sa débâcle.

Si son culte a de temps en temps Mis sots et fripons au pinacle.

L'or nous a fait plus d'un baron ;

Même on lui doit monsieur \'

L'or, l'or est pour rien ; Vous en aurez, hommes de bien.

Mais sous le règne des gros sous Croit-on qu''un romancier travaille?

Chastes beautés, soutTrirez-vous Que l'amour s'escomple en mitraille ?

Quels avocats {-l), sans voir de l'or, Pourront calomnier encor?

L'or, l'or est pour rien ; Vous en aurez, hommes do bien.

En attendant les assignats, Chiffonniers, que d'or dans vos hottes ! Tous nos ministres auvergnats De clous d'or vont garnir leurs bottes. Des veaux d'or du culte détruit Forgeons-nous des vases de nuit.

L'or, l'or est pour rien ; Vous en aurez, hommes de bien.

Malheureux or. dieu qui pour moi As toujours fait la sourde oreille.

Je t'aimais sans subir ta loi, Kt pour toi ma pitié s'éveille.

Dans nion taudis, dieu rebuté, .le t'ofl're l'hospitalité.

L'or, l'or est pour rien ; Vous en aurez, hommes de bien.

(1) La Sibérie, où sont les monts Curais, riches en or, et où le czar envoie ses sujets en exil. — 11 n'est pas nécessaire de parler des merveilles de la Californie.

(2) L'auteur ne parle ici que de certains avocats qui loiit ucluelUment idninierce ili' calomnies.

LES CHANSONS HE LîlC ii A> (iEIt

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