LE JEUNE HOMME
Quoi ! pour fuir ce globe de fange, Tes ailes ne t'ont point servi; Et contre toi, vieillard étrange, L'ire du ciel n'a pas sévi I Lègue-moi ces ailes sublimes.
Et jusqu'à Dieu mon vol atteint, Dussé-je, aux célestes abîmes, Mourir sur un soleil éteint.
LE VIEILLARD
J'ai jeté d'une main prudente Ces ailes au feu d'un brasier.
Et mis leur cendre fécondante Au pied d'un jeune cerisier.
Demes jours je vais rendre comph Le Très-Haut me sourit enfin.
Adieu! Dans son sein je remonte Sur les ailes d'un séraphin.
LKS CHANSONS DE BÉRANllEli