L'OFFICIER
Miixifine de : In Vieillef^se (page 2'J^<)
— Voilà les hussards; viens, Hosettc; Devant la porte ils vont passer.
Ma sœur, viens; j'entends la trompette; Tiens! liens I les vois-tu s'avancer?
Combien de brillants jeunes hommes 1 Qu'ils laissent d'amours à Paris !
Nous, paysannes que nous sommes, N'aurons point de si beaux maris.
Devant Rose, brune élancée, Un jeune ofticier passe alors :
— Amis, voilà ma fiancée; Compte/,, dit-il, tous ses trésors :
Œi\ vif, teint rosé, fine taille.
Oui, dans un an, à pareil jour.
Je l'épouse, si la mitraille Permet de vivre à mon amour.
Ces mots d'un fou, dits au passage, Tu les entends, car tu rougis.
Rose, et. sans rien voir davantage, Tu rentres rêveuse au logis.
Depuis. Rose à part soi répète Ces mots qui lui semblent si doux; Et. cliaque soir, sur sa couchette.
Pour l'officier prie à genou.v.
Un an de rêves ainsi passe.
Le jour qu'il fixa Jtrille enfin.
L'aube entrevoit Rose qui lace Pour lui son corset le plus fin.
N'entend-on pas quelque bruit d'ani.c Elle écoute, sort, rentre, sort; Attend, attend, et toute en larmes.
A minuit s'écrie : — Il esl mori !