‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 178 sur 245 · I.A FILLK · texte numérisé non relu

I.A FILLK

Qui siu'vienl ? Dame belle et Hère.

Son carrosse, au galop conduit.

Jette à l'autre un flot de poussière, Et, l'accrochant, fait rire et fuit.

LA Mi: ri:.

lUvali' qu'un grand nom iibrite, Celte flame, osant tout tenter, Jusqu'au lit du roi veut mimler Pour écraser lu favorite.

■ Ah ! je voudrais, «lit la filh' à part soi. Devenir maiircsse d'un roi.

Bis

LA FILLE

Le roi défend celle qu'il aime.

A cheval, un jeune seigneur Veille sur elle, et. beau lui-même.

D'un doux regard quête l'honneur.

LA MÈRE

Fils d'une race renommée

Il sait complaire, et va. dans peu.

Obtenir ou le cordon bleu,

Ou le plus haut rang dans l'armée.

Ah ! je voudrais, dit la fille à ]tarl soi,

Devenir maîtresse d'un roi.

LA FILLi;.

On arrête; elle veut descendre.

S'avance un prêtre au noble aspect.

La main qu'elle daigne lui tendre, Mère, il la baise avec respect.

LA MÈRE

Pour être êvêque, à cette ouaille.

Par lui que d'encens est offert;

Par lui qui va parler d'enfer

Au pêcheur mourant sur la ]>aille !

Ah ! je voudrais, dil la tille à part soi,

Di'vcnir maîtresse d'un roi.

LA FILLi:.

\'(iil;i (|iic passi' dcvani elle Une noce de villageois.

L'épousée en paraît moins belle; L'époux va rougir de son choix.

LA MÈRK.

Non ; ne crains rien. Dans leur cabane

La misère a trop bien compté

Page 1