LA NATURE
Comliion la nature est féconde Kn plaisirs ainsi qu'en <li)ul(Mirs I De noirs fléaux (•(uivrenl lu luinule De clél)ris, de sau};; et de pleurs, (///.v.)
Mais ù ses pieds la lieaulé nous attire ;
Mais des raisins le nectar est foulé.
Coule/-, lions vins; femmes, daigne/, sourire. Kl l'univers est ciinsolé.
Hk.
Chaque na\s eul son déluge ;
llélasl peut-être Jour el niiil
Une arche est encor le refuge
De mortels que ronde poursuil.
Silùl ([u'his hrille .<urleur navire.
Et que vers eux la colombe a volé.
Coule/, bons vins ; femmes, daignez sourire,
Kl l'univers esl consolé.
LES r.IlAXSONS DE BKRANGER
Quel autre champ de funérailles!
L'Etna, s'agite, et, furieux,
Semble, du fond de ses entrailles.
Vomir l'enfer contre les eieux.
Mais pour renaître enfin sa rage expire : Il se rasseoit sur le monde ébranlé, Coulez, bons vins ; femmes, daignez souriie,
Et l'univers est consolé.
Mars cnlin comble nos misères :
Des rois nous payons les détls.
Humide encor du sang des pères,
i.a (cri'c boit le sang des tils.
Mais riiciinme aussi se lasse de détruire, \'A la nature à son cœur a parlé.
Coulez, l)ons vins ; femmes, daignez sourire,
Et l'univers est consolé.
Dieu que de soulTrances nouvelles !
L'affreux vautour de l'Orient,
La peste, a déployé ses ailes
Sur l'homme, qui tombe en fuyant.
Le ciel s'apaise, et la pitié respire ; On tend la main au malade exilé.
Coulez, bons vins ; femmes, daignez sourire,
Et l'univers est consolé.
Ah 1 loin d'accuser la nature,
Du printemps chantons le retour;
Des roses de sa chevelure
Parfumons la joie et l'amour.
Malgré l'horreur que l'esclavage inspire, Sur les déi)ris d'un empire écroulé.
Coulez, bons vins; femmes, daigne/, sourire.
Et l'univers est consolé.
LES CHANSONS DK BÉRANGER
LA RIYIÉRE
Muxiiiue lie : liossi^/no/s (page .'iKi).
« Oii cours-Ui, rivière amoureuse?
« — Je cours au pied des rocs penchants
« Fournir une iierbe vigoureuse
Il Aux troupeaux, nourriciers des champs.
« — Puis, oii va ton onde limpide?
« Sur un sol qu'épuise Télé,
« Au gré du travail qui me guide,
« J'épanche la fécondité.
« Puis, avant d'être navigable, • Sur les grains et sur les métaux, « Je fais, d'un liras infatigable, « Mouvoir la meule el h's marteaux.
« — Parle doue, naïade charmante,
« Des soirs où, dans tes flots chéris,
« Vient se jouer ma noble amante,
" .Nymphe aux chauips, déesse à Paris.
« Qu'importe et moulins et culture
« El troupeaux, quand, sous ces lilas,
" De la céleste créature
" Les flots caressent les appas!
« La voici. Que mon luth fidèle « La chante au doux bruit de tes tlot>. « Ne les épanche que pour elle ; Prête à ma voix tous tes échos,
Aux vils travaux de notre terre « Cesse enfin de livrer Ion cours ; « Plus pure, enivre et désaltère « La poésie et les amours. »
Qui parle ainsi ? C'est l'âme folle D'un poète qui, dans ce lieu, Oublie aux pieds de son idole Ceux qui travaillent devant Dieu.