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L'AVENIR DES BEAUX ESPRITS

Musique de: : Les lln.-<siynols (page 51(5.)

Beaux esprits, adieu voti'e gloire, Quand, unis par un lieu commun, De leur passé perdant mémoire, Tous les peuples n'en feront qu'un.

Poèmes, chants, drames, harangues, Serniiins de sages et de fous, Dans la confusion des langues, Verront leurs échos mourir tous.

Cliaipie langue, ohscure en sa source,

Messieurs, est le lleuve natal

Dont votre barque, dans sa course,

Doit subir le courant fatal.

Dès que lauriers, pampres et roses

Viennent pavoiser votre bord,

Vous rêve/, aux ap<dhr'oses

Qui vous attendent dans le pcu'l.

Mais qu'un jour ce lleuve se mêle Aux eaux du «•onlluenl humain.

Quel esquif ne sera trop fi-éle Pour s'y frayer un long •■heinin?

Là, sous des étoiles nituvelkts, Aux afilux de c(mt régions, On verra sombrer vos nat;eUes Dans l'océan des nations.

Si ([uelque chaut, si quelque page Eciiappe à lant de Ilots vivants, Pour en déchiffrer le langage Entretiendra-t-on des savants ?

Majestés des Académies, Vous serez, pour Les curieux, Muettes comme les momies ()ue le Louvre étale à nos veux.

Jieaux esprits, ce grand monde à naître, Monde par nous prophétisé, Que gagnerait-il à connaître Les vieux titres d'un monde usé?

U'en ne lui peut élre un nuidele, D'où je conclus dès aujourtriiui Que, sur la cime où Dieu l'appelle, .Nos voix n'iionl pas jusqu'à lui.

OTt;

LES CHANSONS DE DÉRANGER

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