‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 199 sur 245 · PASSEZ, JEUNES FILLES · texte numérisé non relu

PASSEZ, JEUNES FILLES

Dieu ! quel essaim de jeunes lillcs Passe et repasse sous mes yeux !

Au printemps toutes sont gentilles; Toutes ; mais quoi ! me voilii vieux.

Cent fois redisons-leur mon <ige :

Les cœurs jeunes sont insensés.

Endossons le manteau du saf^e.

Passe/., jeunes lilles, passez.

Voilà Zoé qui me regarde.

Zoé, votre mère, entre nous.

Dirait de combien je retarde Quand vient l'heure du rende/.-vons.

Pour un amant elle est sévère ; S'il n'aime trop, il n'aime assez.

Suivez les conseils d'une mère.

Passe/., jeunes lilles, passez.

Votre grand'mère, aimable Laure, Des amours m'a transmis la loi.

Elle veut l'enseigner encore, Bien qu'elle ail dix ans plus que moi. Au salon ou sur la pelouse, Laure. jamais ne m'agacez:

(jrand'maman est un peu jalouse.

Passez, jeunes filles, passez.

Rose, vous daignez me sourire.

Éprouvez-vous quelque accident ?

Chez vous, la nuit, ai-je oui dire.

On surprit un noble imprudent.

Mais la nuit fait place à l'aurore ; Aux maris gaiment vous chassez.

Pour vous je suis trop jeune encore.

Passez, jeunes filles, passez.

Passez vile, folles et belles ; L'n doux feîi cause voire émoi.

Craignez que quelques élincelles N'arrivent de vous jusqu'à moi.

Sous les murs d'une poudrière Par les temps presque renversés, La main devant voire lumière, Passe/., jeunes filles, passez.

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