VERMINE
Mnsiiiae de : La Canlhninile (page 818).
Voilà douze ans, à la France, arlire immense, J'ai dit : « Plus beaux, tes fruits croîtront toujours; <( Au monde entier destinant leur semence, (( Dieu les mfirit au soleil des Iniis jours.
« Vous qui allante/, celte année al)ondanle, <( Par moi prédite à l'arhre glorieux, <( Heureux enfants, à la branche pendante « Cueille/, les fruits grelVés par vos aicux. »
Ils se bâtaient; mais, la récolte faile, Je vois bientôt ces fruits tachés, lléti'is, Dans son espoir trompant le vieux prophète, Forcer sa bouche et son cœur au mépris.
Est-ce du ciel, arbre de la patrie,
Que vient ce mal d'où naissent tous nos maux ?
Ta noble sève est-elle enfin tarie ?
D'un air impur nourris-tu tes rameaux ?
i\on ; les vers seuls, de la Mort sourds ministres, Ont dès longtemps «'ouvé notre malheur; Ils ont osé, ces corrupteurs sinisires, Souiller le fruit aux langes de la tlrur.
Là, sous nos yeux, tenez, l'un d'eux se dresse : « Pour dominer, dit-il, gonflé d'orgueil. « Frères, à nous la Lâcheté s'adresse ; « Préparons-lui son tn'me et son cercueil.
« Qu'avec ses fruits l'arbre à la vaste cime. « Déjà mourant, succombe à notre etloi t, « Tandis qu'au pied s'enlr'ouvrira l'abime « Que nous creusons sous un peuple qui dort. »
Il a dit vrai : ces enfants de la tombe De l'arbre saint rongent les bras puissants; Voyez du ciel sa couronne qui tomtie Et son vieux tronc insulté des passants.
Dieu, si trois jours tu nous permis de croire Que ta bonté pour nous se réveillait, Sauve la France et les fruits de sa gloire Des vers éclos au soleil de Juillet I
LES CHANSONS DE DERANGER