‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 237 sur 245 · ADIEU · texte numérisé non relu

ADIEU

Aiiv : 'l'en soui ientt-tu? ou An; nouveau de M. I,. .\]:\i'i

France, je meurs, je meurs; tout me l'annonce, Mère adorée, adieu. Que ton saint nom Soit le dernier que ma bouche prononce. Aucun Français l'aima-t-il plus? Oh! non. Je l'ai cliantée avant de savoir lire, Et, quand la Mort me tient sous son épieu, En te chantant mon dernier souffle expire. A tant d'anioui- dniuie une larme. Adieu!

Lorsque dix ro's, dans leur triomphe impie Poussaient leurs chars sur ton corps mutilé, De leurs handeaux j'ai fait de la charpie Pour ta hiessure, où mon hnuine a couh'.

Le ciel rendit ta ruine féconde; De te bénir les siècles auront lieu; Car ta pensée ensemence le monde.

L'I^galité fera sa gerbe. Adieu !

Demi-couché je me vois dans la tomhe.

Ah ! viens en aide à tous ceux que j'aimais. Tu le dois, France, ti la pauvre colombe Qui dans ton champ ne butina jamais.

Pour qu'à les fils arrive ma prière, Lor.sque > éjà j'entends la voix de Dieu, De mon tombeau j'ai soutenu la pierre.

Mou bras se lasse; elle retombe. Adieu!

LE MERLE

Chansons de BERANGER

Musique nouvelle de ^^j Pierre LETOREY.

CHANT

.%■ Poeo Moderato .

Page 1