PI AI
Mod'" guisto
sous un vaste nniJ)ra gp Où mur mu . raient (!<> frais ruisseaux
pEE=:^=i=jt=^- 1^ .^ jv^-i J j j
Jt' pris ma flû te de ro.si'aux Fre seul
=PrF--^
AJl""
ji'^;, J n F ..j^i j'i'i'ffgi r 'J^^
gLque d un vieiLxsa go A sa voix un pfu.ple doi seaux VintniHiifou.
^Fh?-=fe:^
taii'iit Co quf - taieiit et ehautaiejit chaii laieiit chaii f.iiciil
flif ^ >f
LES CHANSONS DE DÉRANGER
LE MERLE
Air nouveau de Pierre Letorey.
Ail printemps; sous un vaste ombrage Ou murmuraient de frjis ruisseaux, Je pris ma llùle de roseaux, Présent magique d'un vieux sage.
A sa voix, un peuple d'oiseaux Vint m'entourer de son ramage.
Ils sautaient,
S'ébattaient,
Coquetaient
E{ chantaient, Chantaient, Chantaient.
Rossignols, loriols, fauvettes, Merles, bouvreuils, linots, pinsons.
Cédant au pouvoir de mes sons, Tous, jusqu'aux folles alouettes, Venaient pour prix de leurs chansons, De mon pain becqueter les miettes
Ils sautaient,
S'ébattaient,
Coquetaient
Et chantaient, Chantaient, Chantaient.
.J'avise un merle (pii babille :
— Merle, pourquoi fuye/.-vous tous. Quand moi, bonhomme, auprès de vous Je me glisse dans la charmille :
Moi. (jui trouve vos chants si doux.
Qui suis presque de la famille?
Ils sautaient.
S'ébattaient,
Coqtu'taienl
i-;i cliantaicnl, Clianlaii'nl .
Cli:iiil:iii'iil .
— Dieu donna l'air, la terre et l'onde. Dit le merle, aux seuls animaux.
Nous y vivions exempts de maux; Mais chaque race trop féconde Poussa tant et tant de rameaux.
Qu'on étoulFa dans ce bas monde.
Ils sautaient, S'ébattaient, Coquetaient Et chantaient.
Chantaient,
Chantaient.
Dieu s'y prit en père économe :
— C'est trop de bétes à la fois.
Aquelqu'un transmettons mes droits:
Que, sanguinaire et gastronome,
Il en tue au moins deux sur trois.
Parlant ainsi, Dieu créa l'homme.
Ils sautaient.
S'ébattaient, Coquetaient Et chantaient, Chantaient, Cluinl aient
Depuis lors, roi de la nature, Nous vous fuyons épouvantés Pour nos jours et nos libertés.
De tout grain vous faites nu)ulure; Souvent même à vos majestés Le rossignol i^erl de pâture.
Ils saulaienl,
S'éballaient.
(\iquelaient
l'.l clianlaicnl, C.hantaieni.
Chanlnient.
— Merle, oublions nos droits contraires, Dis-je, et grâce à mon talisman, Aime/.-moi, je suis bon tyran, Sans souci de vos lois agraires.
Ne me fuyez plus; croyez-m'en Oiseaux et poètes sont frères.
Ils sautaient,
S'ébattaient,
Coquetaient
Et chantaient, Clianlaient, Clianlaient.
A. ces mots, mâles et femelles Me viennent baiser à qui mieux; Le merle criant : — Ce bon vieux Nous fera des chansons nouvelles.
Pour qu'il s'élevât jusqu'aux cieux, Dieu lui devrait donner des ailes.
Ils sautaient,
S'ébattaient,
Coquetaient
Et clianlaient.
Chantaient, Clianlaient.