JEAN DE PARIS
Musique de : Les Contrebandiers (page 60^4).
Ris et chante, l'iiante et ris ; Prends les gants et cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans ton Paris ; Ah ! reviens, ah! reviens, Jean de Paris. (Zî('s.)
Toujours, dit la chronique ancienne, Jean sur son grand sabre a sauté, Quand de leur ville avec la sienne Des sols comparaient la beauté :
Proclamant sur son âme,
En prose ainsi qu'en vers.
Les lours de Notre-Dame
Centre de l'univers.
Ris et chante, chante et ris ; Prends les gants el cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans Ion Paris; Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.
S'il franchit la grande muraille; S'il coculie un mandarin ; Du peuple niagol s'il se raille ; A Paris s'il revient grand train ;
L'espoir qui le domine,
C'est, chez son vieux portier,
De parler de la Chine
Aux badauds tlu ([uarlier.
Ris et chante, chante cl ris ; Prends tes gants el cours le monde ; Mais, la bourse vide ou r<inde.
Reviens dans ton Paris ; Ah! reviens, ah! reviens. Jean de i^aris
Je veux de l'or, beaucoup et vile,
Dit-il, au Pérou débarquant.
A s'y fixer chacun l'invite :
« Me prend-on pour un trafiquant ?
« Loin de mes dix maîtresses,
« Fi de ce vil mêlai !
« Je préfère aux richesses
« Paris et l'hôpital. »
Ris el chante, chante et ris ; Prends les gants el cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans Ion Paris ; Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.
A la guerre gaîmenl il vole,
Pour la croix ou pour Saladin ;
Se bal, jure, pille et viole,
Puis à Paris écrit soudain :
« Que ma gloire s'étende « Du réouvre aux boulevards ; (( Qu'un ramoneur y vende « Mon buste pour six liards. »
■Ris et chante, chante el ris; Prends les gants el cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans Ion Paris ; Ah! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.
En Perse, il prétend qu'une reine Lui dit un soir : « Je le fais roi.
« Soit! répond-il ; mais, pour ma peine, « Jusqu'au pont Neuf viens avec moi.
« Pendant huit jours de fête,
M Tout Paris me verra
« Montrer, couronne en lèle.
« Mon nez ti l'Opéra. »
Ris el chante, chante el ris ; Prends tes ganls et cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde.
Reviens dans Ion Paris ; Ah ! reviens, ah! reviens, Jean do Paris.
Jean de Paris, dans la chronique
C'est nous qu^on peint, nous francs badauds.
Quittons-nous cette ville unique,
Nous voyageons Paris à dos.
Quel amour incroyable, Maintenant et jadis, Pour ces murs dont le diable A fait son paradis !
Ris et chante, chante et ris ; Prends tes gants et cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans ton Paris ; Ah ! reviens, ah ! reviens, Jean de Paris.
LES CHANSONS DE BÉliAMlEll