‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 61 sur 245 · UNE CHANSON DONT LE REFRAIN EST · texte numérisé non relu

UNE CHANSON DONT LE REFRAIN EST

Fouette! fouette!

Chanlo toujours: uo t'endors pas.

Am : 'lu vaudci-ille dex Chevilles de Maître Aduni

Oui, je dormais sur un pelil vulumc Qui me vaudra d'être encore étrillé, Lorsqu'en flatteur le bout de voire plume, Me chatouillant, m'a soudain réveillé.

Je me suis dit : C'est présage céleste; Les mauvais jours seraient-ils donc passés? Car je ne sais si quelque fouet nous reste, ) Mais jusqu'ici c'est nous qu'on a fessés. \

J'ai bien reçu ma part des étrivièresl Grippe-Minaud m'en donna pour trois mois. En refaisant des nœuds à ses lanières, Il me poursuit encor d'un œil sournois. Si de Tartufe on n'entend les trois messes. Si pour les grands l'encens ne brûle assez, C'est fait de nous! nos seigneurs les Jean-Fesses Aiment à voir les bonnes gens fessés.

Tout gai frondeur, semant le ridicule.

Ne peut chez, nous qu'en recueillir du mal.

Notre empereur portait longue férule,

Puis est venu le martinet royal ;

Et puis le knout, et puis les fils d'Ignace,

Dont tous les fouets contre nous sont dressés.

Dieu soit béni! mais, s'il ne nous fait grâce.

Les chansonniers seront toujours fessés.

Vous qui chante/, comme on chante au bel âge, Des rois, des saints, ne plaisantez donc pas; Ou, trop enclin au joyeux persiflage.

Vivez longtemps, allez bien tard là-bas. Car en enfer on marque votre place ; Des noirs démons les bras sont retroussés. Vous et Collé, même aussi votre Horace, Ensemble un jour vous serez tous fessés.

LES CHANSONS DE BERANGEH

LE TOURNEBRUCHE

Musique de la Mort de C harlemagne page ).

Du dîner j'aime fort la rlorlu-.

Mais on la sonne en peu d'endroits :

Plus qu'elle aussi le tournebroche A nos hommages a des droits.

Combien d'ennemis il rappioche Chez le prince et chez le bourgeois '. A son doux tic-tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis.

Lorsque la Fortune à sa roue Attache mille ambitieux, Les précipite dans la boue Ou les élève jusqu'aux cieux, C'est la broche, moi je l'avoue, Dont la roue attire mes yeux.

A son doux tic-tac un jour les partis Signeront la paix entre deuxnMis.

Qu'on reprenne sur la musique Les querelles du temps passé :

Que par l'Amphion italique Le grand Mozart soit terrassé ; Je ne tiens qu'au refrain bachique Par le tournebroche annoncé .

A son doux tic-tac un jour les partis Signeront la paix entre deux r<'itis.

Une montre, admirable ouvrage, Des heures décrivant le cours, Règle, sans en charmer l'usage.

Le cercle borné de nos jours; Le tournebroche a l'avantage D'embellir des instants trop courts.

A son doux tic-tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis.

Ce meuble, suivant maint vieux conte,

A manqué seul à IV'ige d'or ;

C'est l'Amitié qui. pour son conq)te.

Dut en inventer le ressort.

Vivent ceux que sa main remonte !

Mais gloire à celui ilu trésor 1 A son doux tic-tac un jour les partis Signeront la paix entre deux rùtis.

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