‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 62 sur 245 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

Musique de : Les Piomatis (page 378).

Du ciel j'arrive, et mon voyage Xous épargne à tous bien des pleurs.

Beauté folâtre autant que sage, Ne jouez plus avec des fleurs.

Sachez qu'hier, la panse ronde Et l'œil oljscurci par Bacchus, Jupin a cru dans noire monde i Voir une couronne de plus.

Bi

A la colère il s'abandonne :

«c L'abus, dit-il, devient trop fort.

« Encore un front que l'on couronne, « Quand le faiseur de rois est mort ( ' ) ! (( Sur ce front lançons mon tonnerre : « Du faible enfin vengeons les droits.

« Je veux voir un jour sur la terre « Les rois sujets, les sujets rois. »

Dans son conseil alors j'arrive (Où lesrimeurs n'entrent-ils pas?) ; En joue il vous met sans qui-vive?

Mais je l'aborde chapeau lias :

« Jupin, de ton arrêt j'appelle; « Ta balance et tes poids sont faux.

« Ta cour de justice éternelle « A-t-elle eu ses gardes des sceaux?

« Braque tes lunettes, vieux sire, (( Sur le front couronné par nous; « De la candeur c'est le sourire, « De la bonté c'est l'œil si doux.

(( Lorsque les carreaux de son foudre « Chez nos sourds passent pour muets, «. Jupin ne mettrait-il en poudre Il Qu'une couronne de bluets? »

— « Oh! oh! dit-il, qu'allais-je faire?

« Ailleurs frappons; mon foudre est chaud. »

— « Frappe, mais sur notre hémisphère « Vise donc plus bas ou plus haut. »

Heureux d'avoir su vous défendre, J'accours des célestes donjons.

Quant à Jupin, je viens d'apprendre Qu'il a foudroyé deux pigeons.

(') Napolùon.

LKS CIIAN- 0N> DE BÉltANGEU

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