A MADAME
Musique de : Les Piomatis (page 378).
Du ciel j'arrive, et mon voyage Xous épargne à tous bien des pleurs.
Beauté folâtre autant que sage, Ne jouez plus avec des fleurs.
Sachez qu'hier, la panse ronde Et l'œil oljscurci par Bacchus, Jupin a cru dans noire monde i Voir une couronne de plus.
Bi
A la colère il s'abandonne :
«c L'abus, dit-il, devient trop fort.
« Encore un front que l'on couronne, « Quand le faiseur de rois est mort ( ' ) ! (( Sur ce front lançons mon tonnerre : « Du faible enfin vengeons les droits.
« Je veux voir un jour sur la terre « Les rois sujets, les sujets rois. »
Dans son conseil alors j'arrive (Où lesrimeurs n'entrent-ils pas?) ; En joue il vous met sans qui-vive?
Mais je l'aborde chapeau lias :
« Jupin, de ton arrêt j'appelle; « Ta balance et tes poids sont faux.
« Ta cour de justice éternelle « A-t-elle eu ses gardes des sceaux?
« Braque tes lunettes, vieux sire, (( Sur le front couronné par nous; « De la candeur c'est le sourire, « De la bonté c'est l'œil si doux.
(( Lorsque les carreaux de son foudre « Chez nos sourds passent pour muets, «. Jupin ne mettrait-il en poudre Il Qu'une couronne de bluets? »
— « Oh! oh! dit-il, qu'allais-je faire?
« Ailleurs frappons; mon foudre est chaud. »
— « Frappe, mais sur notre hémisphère « Vise donc plus bas ou plus haut. »
Heureux d'avoir su vous défendre, J'accours des célestes donjons.
Quant à Jupin, je viens d'apprendre Qu'il a foudroyé deux pigeons.
(') Napolùon.
LKS CIIAN- 0N> DE BÉltANGEU