‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 8 sur 245 · COLIBRI · texte numérisé non relu

COLIBRI

Air : Garde à vous ! (de la Fianoée).

Ml's amis,

J'ai smiiiiis L'i'iifc:' à ma luiissaïu'c, De son obéissance J'ai pour gag.- et-i tain

lia lutin. (7c/'.) Sou-i forme d'oiseau-mou 'lie, A mon chevet il eoiiclu'.

Lutin (loax et cliéri.

Flaise/.-moi, Coliliri.

Colibri! (7Vr.)

S\'\e;ilant.

lial.illant, .\u jiiur qui nail l't brille, Son petit corps scintiil.' D'i m M-au(le ri d'a/ur,

i;i «l'or pur.

Fleur <}ui clierciie sa tige, Le voilà qui voltige :

l.'aiiniri' en a r-iiuri.

Hai^c/.-uiiii. Ciililiri,

Colibri :

Je le vilis,

A ma viiix, A'oler vers qui m'implore.

Ses ailes font éclore Richesse, honneurs, amours

Et beaux jours.

Quelque soif qui m'embrase, Il peut remplir le vase Que ma bouche a tari.

Baisez -moi, Colibri,

Colibri!

Je puis voir Son pouvoir Franciiir l'espace et l'onde; Du Pérou, de Golconde, M'apporter dans nos ports

Les trésors.

Mais non; point d'opulence, Quand un peuple en silence Souffre et meurt sans abri.

Baisez-moi, Colibri !

Colibri !

Je puis voir

Sans pouvoir Me donner des couronnes, Des palais à colonnes, Des gardes et l'amour

D'une cour.

Mais non; j'en sais l'histoire :

Le monde, à tant de gloire, De douleur pousse un cri.

Baisez-moi, Colibri, Colibri !

Demandons, Pour seuls dons. Simple toit, portes closes.

Des chants, du vin, des roses, El la paix d'un reclus.

Rien de plus.

Mon paradis s'arrange.

Dieux ! et l'oiseau se change En piquante houri.

Baisez-moi, Colibri,

Colibri !

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LES CHAN-OiSS DE BÉRANGEli

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