‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 9 sur 245 · A CORINNE DE L · texte numérisé non relu

A CORINNE DE L

Musique de: Iâ juillet (page 570).

Je veux, pour vous, prendre un ton moins frivole :

Corinne, il fui des anges révoltés.

Dieu sur leur front fait tomber sa parole,

Et dans l'abime ils sont précipités. [Bis.)

Doux, mais fragile, un seul, dans leur ruine,

C outre ses maux garde un puissant secours (Bis.)

Il reste armé de sa lyre divine.

unis.)

A nge aux yeux bleus,protégez-nioi louj i )Ui's^

L'enfer mugit d'un effroyable rire,

Quand, dégoûté de l'orgueil des méchants.

L'ange, qui pleure en accordant sa lyre,

Fait éclater ses remords et ses chants.

Dieu d un i-egard l'arrache au goulTre immondt

Mais ici-bas veut qu'il charme nos jours.

La poésie enivrera le monde.

Ange aux yeux bleus, protégez-moi toujours.

Vers nous il vole en secouant ses ailes, Comme l'oiseau que l'orage a mouillé.

Soudain la terre entend des voix nouvelles; Maint peuple errant s'arrête émerveillé.

Tout culte alors n'étant que l'harmonie, .\ux cieux jamais Dieu ne dit : Soyez sourds. L'autel s'épure aux parfums du génie.

Ange aux yeux lileus, protégez-moi toujours.

En vain l'enfer des clameurs de l'Envie Poursuit cet ange, échappé de ses rangs; De l'homme inculte il adoucit la vie, Et sous le dais montre au doigl les tyrans. Tandis qu'à tout sa voix prétani des charmes, Court jusqu'au pôle éveiller les .-irnours, Dieu compte au ciel ce qu'il sèche de larmes. Ange aux yeux bleus, protégez-iiiui toujours.

Qui peut me tlire où luit son auréole?

De son exil Dieu l'a-t-il rapptjé?

Mais vous chantez, mais votre voix console :

Corinne, en vous l'ange s'est dévoilé,

Votre printemps veut des fleurs éternelles,

Votre beauté de célestes atours :

Pour un long vol vous déployez vos ailes;

Ange au.v yeux bleus, protégez-moi toujours

c-cc

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LES CHANSONS DE DERANGER

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