EN CHANTANT VEIL MON DUEL FAIRE
Raynaud : 164.
Manuscrits et éditions. La continuation de Guillaume de Tyr, dite du manuscrit de Rothelin et publiée sous ce titre dans le Recueil des historiens des Croisades {Occidentaux, i.W) y nous a conservé deux chansons composées, l'une en Egypte, l'autre en Syrie, sous l'impression directe des événements. Cette chronique se lit dans quatre manuscrits (on en trouvera la description dans l'introduction au t. II du Recueil), que nous désignerons, comme les éditeurs, par les lettres /', /, //. A'. Ces manuscrits sont très prochement apparentés (A' semble avoir été copié directement sur /) ; ils ne diffèrent que par des variantes insignifiantes. Nous suivrons pour ce qui est de l'orthographe le ms. /, c'est-à-dire le ms. tV. 22495 de la Bibliothèque nationale, f' 2^7, r" b. Il est exactement daté par cet explicit : a. Ce livre fu complet d'escripture l'an de l'incarnacion Nostre Seigneur mil trois cens et trante et un, le jeudi devant la feste mon seigneur saint Thomas l'apostre, devant noel. D P. Paris a publié la chanson En chantant veil mon duel /aire à la ]). 675, et la chanson .\V chant pas, que qut nus die à la p. O77 du tome XXllI (ic Y Histoire littéraire ; elles se lisent aussi aux pages 548 et 550 du Recueil des Historiens des Croisades (Occidentaux, t. II).
21g LES CHANSONS DE CROISADE
Versification. Cinq strophes sur des rimes différentes. Chaque strophe a dix vers de sept syllabes sur des rimes ainsi disposées : ababcdccdd.
Auteur et date. L'auteur est Philippe de Nanteuil (i). On pourra lire dans V Histoire généalogique de la maison de Chastillon, par Du Chesne (i62i,p. 659), et au t. xxill, p. 678, de X Histoire littéraire, le peu qu'on sait de sa biographie. Il fut un ami et un émule en poésie de Thibaut de Champagne, qui le nomme dans deux de ses chansons d'amour (Raynaud, 884 et 1476) et dans une chanson pieuse (Raynaud, 1410), et qui échangea avec lui deux jeux-partis (Raynaud, 333 et un). A part les quelques couplets de ces jeux-partis et la pièce En chantant veil mon duel faire, nous n'avons rien conservé de ses poésies, sinon peut-être une chanson d'amour (Raynaud, 126) (2). Thibaut dit pourtant de lui qu'il le vit <i bon chanteour» (Raynaud, 1410).
Parti pour la croisade de Thibaut en 1239, il fut fait prisonnier, comme on va le voir, et ne sortit de sa prison du Caire que vers le mois d'août 1240 (3). Mais, huit ans après, il repartit pour l'Egypte avec saint Louis. Joinville parle à deux reprises de lui ; il le nomme comme l'un des ce huit chevaliers preudomes », qui, après la prise de Damiette, accompagnaient toujours le roi : « tous bons chevaliers, qui avoient eu pris d'armes deçà mer et au delà. »
Voici, d'après la chronique du continuateur de Guillaume de