XX. — EN CHANTANT VEIL MON UUKL FAIRE
Assez leur faisoient hontes et vilainnies quant il passoient par mi les rues. »
Cependant ceux des croisés qui avaient quitté le champ de bataille avant le commencement de l'acti(jn avaient porté en toute hâte la nouvelle à Thibaut de Champagne et k Vost, qui campait à Ascalon. L'armée se hâta : les Hospitaliers allemands en tête des autres. Thibaut de Champagne les suivant de près. Mais ils arrivèrent trop tard : il n'y avait plus au lieu du combat que des morts et quelques blessés ; les Turcs étaient loin déjà. Que faire ? Les chevaliers venus d'outre-mer voulaient les poursuivre et tâcher de délivrer les prisonniers ; mais les Templiers, les Hospitaliers et les barons syriens s'y opposèrent, disant comme principal argument que, si les Turcs se sentaient menacés sur leurs derrières, ils tueraient les prisonniers pour alléger leur marche. Thibaut écouta cet avis, et Von reprit la route d'Acre. Par toutes les villes qu'ils traversaient, les habitants accueillaient les croisés par « granz crieries et granz braeries, et disoient que li oz de la crestïenté n'avoient point de pooir, car tuit li bon chevalier estoient ou mors ou pris. » Les croisés, de retour à Acre, semblèrent ne plus songer aux prisonniers, c Or, dit le chroniqueur, Philippes de Nantuel fu mené avec les autres prisons en Babyloine. En la prison ou il fu mis, il li>t {)lusieurs chançons; aucune il envoia en l'ost des crestïens, que nous dirons a cens qui oïr la voudront :
E?i chantant vcil nio)i duel faire.. »
Kn chantant veil mon duel faire, Pour ma doleur conforter, Du prcu conte del)onn:iii"e 4 Qui seut los et jiris porter.