‹ Les chansons de croisadeChapitre 103 sur 145 · B. N. f. fr. 224'jr), f- 281, V b · texte numérisé non relu

B. N. f. fr. 224'jr), f- 281, V b

veult mie que on le serve en telle manière. Li roys qui estait a Cadres sot bien par ses espies, ainz que il feust gueres anuité, que ces gens venoient en feurre, et que il seroient lassé durement, et il et leur chevaus, avant que il venissent la, par quoy il pourroit faire auques sa volenté d'eulx. » Toute la nuit, il réunit des troupes, et les croisés virent soudain les Musulmans comTir toutes les collines et entendirent leurs tambours, leurs cors et leurs « nacaîres ». Ce fut un moment d'extrême désordre et de confusion. Le duc de Bourgogne, Gautier de Brienne, et d'autres déclarèrent qu'il n'y avait qu'à fuir ; les autres voulurent combattre ; ils espéraient vaincre, et d'ailleurs, les piétons n'auraient pu s'échapper, et ils ne voulaient pas les abandonner ainsi. Ils restèrent donc, tandis que le duc de Bourgogne battait en retraite. La bataille fut acharnée : un moment les croisés réussirent à s'emparer d'un défilé, où les traits ne pouvaient les atteindre ; mais les Turcs feignirent de fuir ; trompés par cette ruse, les chrétiens quittèrent le défilé qui les abritait, et dès lors ils furent écrasés : « li quens de Bar et li quenz de Monfort et un poi de chevalier et d'autre gent... firent merveilles d'armes (ij. » Mais ces prouesses furent vaines. Douze cents hommes environ furent tués, six cents faits prisonniers (2). '.'. En celé bataille fu morz ou pris, l'en ne set mie lequel, li quens de Bar » (3) ; le comte Amauri de Monfort, Philippe de Nanteuil et beaucoup d'autres furent emmenés par les vainqueurs : <( Il furent lié et mené en prison en Egypte en Damiete, et au Kahaire et en Babiloinne et en mainz autres heuz par le pais, ^loult estoient gabé et escharni par les bones viles des mescreanz ou il entroient. Li mescreant pristrent fiante de chevaus et d'autres bestes et les metoient es encensiers et les encensoient.

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